C’est un fait divers aussi terrifiant qu’insolite qui secoue la ville de Koutaba au Cameroun. Un jeune polygame a été grièvement blessé par sa deuxième femme pour avoir enfreint le « programme hebdomadaire » régissant son roulement conjugal. Un drame qui jette une lumière crue sur les dangers de la polygamie et ses dérives.
Enfer d’une nuit ou dérapage d’une vie ?
Les faits remontent à la nuit du lundi 22 avril 2024. Comme le révèle en exclusivité 237online.com, ce qui devait être une soirée ordinaire a viré au cauchemar pour ce mari de trois femmes. Son erreur fatale ? Avoir passé la nuit chez sa 3ème épouse… alors que le planning établi prévoyait qu’il devait la passer chez la 2ème ! Un écart à l’origine d’un déchaînement de violence inouï.
« Elle lui a littéralement fendu le crâne avec une bouteille cassée, relate sous couvert d’anonymat une source proche de l’enquête. La scène était digne d’un film d’horreur ». Transporté d’urgence à l’hôpital, le mari infidèle à son propre agenda se trouve toujours dans un état critique. Sa femme bafouée, elle, a été interpellée par la police. « Elle semblait comme possédée, en état de choc« , glisse un témoin encore terrifié.
Polygamie au Cameroun : du rêve au cauchemar
Au-delà de son aspect sordide, ce fait divers met en lumière les dérives d’une pratique encore répandue au Cameroun : la polygamie. Légale dans le pays, elle concernerait près de 20% des ménages selon les dernières estimations de l’Institut National de la Statistique relayées par 237online.com. Un chiffre en constante augmentation, surtout chez les jeunes générations attirées par ce modèle matrimonial.
« La polygamie est souvent perçue comme un signe de réussite sociale, un moyen d’affirmer sa virilité, analyse la sociologue Clarisse Yembou. Mais derrière les apparences, c’est une bombe à retardement qui peut exploser à tout moment« . Rivalités, jalousies, luttes de pouvoir… Les témoignages recueillis par 237online.com dressent un tableau sans concession des ménages polygames, loin des clichés idylliques.
Quand la polygamie vire à la tragédie
Et parfois, ces tensions latentes virent au drame. « Les cas de violences liées à la polygamie sont légion, mais souvent tus, déplore le Dr. Paul Ntonga, psychiatre. Syndrome de la femme délaissée, pression de l’entourage, sentiment d’injustice… C’est un cocktail explosif qui peut pousser à l’irréparable« . Un phénomène encore largement sous-estimé par les autorités selon lui.
Face à ce constat alarmant, des voix s’élèvent pour réclamer une prise de conscience. « Il faut briser l’omerta sur les ravages de la polygamie, martèle Aïssatou Diouf, présidente de l’association Touche pas à ma sœur. Sensibiliser sur ses dangers, accompagner les victimes, responsabiliser les hommes… C’est un travail de longue haleine mais vital ». Un combat qu’elle compte bien porter sur la place publique.
En attendant, l’affaire de Koutaba risque de devenir le nouveau symbole des dérives de la polygamie au Cameroun. Un de trop pour ses détracteurs, qui espèrent que ce drame servira enfin d’électrochoc. « Combien de tragédies faudra-t-il encore pour comprendre que la polygamie est une impasse ?, interroge Aïssatou Diouf. Il est temps d’ouvrir les yeux et de dire stop« . Un cri du cœur pour qu’un « planning » de trop ne se transforme plus en fait divers sanglant…
Par Rodrigue Foka pour 237online.com
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