Perspectives économiques : des envieux à souhait

Avec la diversité et l??importance des ressources naturelles ; ses nouvelles options de relance économiques ; sa position stratégique dans le Golfe de Guinée, le Cameroun offre de brillantes perspectives économiques qui on s??en doute, attisent des convoitises. Certains parlent désormais du Cameroun comme d??un nouveau scandale géologique. En effet, la découverte de

l??un des plus importants gisements de diamant au monde vient en renforcer l??engagement d??un certain nombre d??investisseurs déjà présents sur le terrain. Elle en attirant aussi de nouveaux, qui hument l??odeur de l??argent. Dans le secteur minier, par exemple, inspiré par le lancement d??un nouveau code plus attractif, on a observé à la fois, une meilleure organisation de la petite mine et un afflux d??investissements. Avec 86 permis de recherche délivrés, en attendant les permis d??exploitation, le secteur des mines devrait doubler les quelque 10 milliards d??investissements qui sont en cours au Cameroun. Une plus grande attractivité de l??environnement global des affaires pouvant sans doute encore lui permettre de devenir un des principaux moteurs de l??économie camerounaise. Présence de larges et fertiles terres agricoles, exploitation forestière de bois tropicaux de grands crus et de minerais précieux à l??Est, bauxite à Minim Martap, rutile, cobalt?? le pays s??inscrit de plus en plus selon le mot d??un géo-stratège dans le registre des « espaces convoités », des « espaces pivots ». Aidé par une réputation de stabilité que le pays a progressivement acquise, le Cameroun est l??une des arènes les plus décisives de la compétition géopolitique mondiale. Convoitises multiformes Même si l??exploitation effective de nombre de richesses naturelles reste encore à l??état de projet, l??avenir proche annonce l??ouverture de grands chantiers. Des opportunités d??affaires à saisir. Sous l??instigation des Etats-Unis, le Cameroun intéresse davantage des Etats occidentaux (France-traditionnel partenaire – Grande Bretagne, Belgique, Espagne), orientaux (Chine, Japon, Inde, Israël), du Sud (Brésil) et d??Afrique (Afrique du Sud, Nigeria, Libye, Maroc) ; et par des acteurs privés de toutes natures : multinationales, institutions internationales mais aussi , idéologues, prédicateurs, prédateurs, affairistes??La ruée vers le Cameroun, pays charnière du Golfe de Guinée peut donc être perçue comme une quête de puissance par le biais du contrôle d??une zone jusque-là négligée, et un besoin de diversification des sources d??approvisionnement en matières premières. Au premier rang, le pétrole. Avec un produit intérieur brut (PIB) qui s??est élevé à 4,1 pour cent en 2008 contre 3.4 pour cent en 2007, la progression que l??on explique par la bonne tenue du secteur pétrolier doit désormais faire face à la crise financière mondiale et à la chute des prix de l??or noir. De nouvelles perspectives sont donc ouvertes pour gagner le pari de la continuité. En bonne place, l??amélioration de l??offre énergétique et la mise en place de plusieurs programmes de relance et de modernisation dans les secteurs de l??agriculture, de l??élevage et de la pêche. Les secteurs ciblés ainsi ouverts aux investisseurs relèvent de l??économie de rente (pétrole, minerais, bois), avec une percée remarquée dans les grands travaux, les télécommunications avec l??arrivée de nouveaux opérateurs et peut être le parachèvement d??un processus maitrisé des privatisations. Dans un tel contexte, il est compréhensible que des appétits s??éveillent, que des résistances nombreuses et diverses s??expriment par divers canaux. Ce qui demeure important, c??est sans doute de ne retenir que celles qui se préoccupent de l??amélioration significative de la qualité de vie du citoyen ordinaire.
Laurent ABAH, CT

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