Pas seulement les ministres

Les membres du gouvernement en ont eu vendredi dernier pour leur grade. Sans fioriture ni circonlocutions, le président de la République a signifié à ses interlocuteurs sa déception pour les performances médiocres du gouvernement qui se situent en deçà de ses prescriptions, de ses engagements vis-à-vis du peuple. Sans intermédiaire, il leur a craché sa colère bien en face.

Excédé, il les a installés dans un sursis qui ne dit pas son nom. Des résultats concrets et palpables doivent suivre à brève échéance, pour donner un contenu visible et vérifiable à son programme des Grandes ambitions.
Qu??on ne s??y trompe pourtant pas. Si l??équipe gouvernementale a essuyé le courroux du chef de l??Etat, les errements décriés par lui interpellent tous ceux qui sont dépositaires d??une parcelle de l??autorité de l??Etat. Chacun à son niveau. Hauts commis de l??Etat chargés de mettre en ??uvre la politique de la nation telle que définie par le président de la République, les ministres ne sauraient être tenus pour seuls responsables des défaillances qui gangrènent le quotidien des populations. Même s??ils doivent ?? revers d??une médaille très reluisante par ailleurs ?? assumer les ratés voulus ou pas de leurs collaborateurs. Le dire n??équivaut nullement ni à absoudre les membres du gouvernement, encore moins à dégager leur responsabilité dans le contexte d??inertie et de stagnation des conditions de vie des populations. Il se trouve simplement que pour donner une nouvelle impulsion à l??action gouvernementale, les hauts responsables de l??administration de l??Etat doivent pleinement prendre conscience des enjeux et s??investir sans réserve pour obtenir les résultats attendus. Un défi collectif.
Dans cette optique, les fonctionnaires de la préfectorale ont un rôle déterminant à jouer. C??est à eux, en effet, qu??échoit la lourde responsabilité d??impulser et d??encadrer le développement à la base : écoles, centres de santé, ponts, routes, en un mot, ces infrastructures et équipements sociaux qui peuvent donner un sens à la vie des communautés en milieu rural, mais aussi dans les zones semi-urbaines. Parce qu??ils représentent dans leur territoire respectif de commandement, et le président de la République dont ils tiennent leur position enviable, et respectée, et chacun des ministres, les « chefs de terre » ont, dans le contexte actuel de relance attendue de la croissance, l??impérieux devoir d??interroger les méthodes de travail jusqu??ici empruntées. En vue d??une évaluation sans complaisance qui permette d??en déceler les faiblesses et d??apporter à celles-ci les mesures correctives appropriées.
Le président de la République, naturellement, ne sera jamais en même temps dans tous les coins et recoins de notre territoire national. Le voudrait-il d??ailleurs qu??il ne pourrait pas humainement le faire. Les ministres non plus. D??où le rôle irremplaçable des autorités administratives dont la plupart se comportent souvent hélas ! comme du temps de la coloniale. De vulgaires mercenaires. Sous la sécurisante très carapace de « l??autorité de l??Etat ». Il y en a ainsi par exemple, dont l??escorte pour se rendre à leur lieu de travail ou pour en repartir ferait pâlir de jalousie jusqu??aux ministres de la République qui eux se sont fait tancer l??autre jour. Rudement. Il est hors de question de remettre en cause l??auréole qui entoure les fonctionnaires de la préfectorale. Encore faut-il que ceux-ci s??imprègnent des contraintes spécifiques de leur charge : se mettre au service du développement, c??est-à-dire de l??amélioration des conditions de vie des populations. Les « chefs de terre » doivent revêtir les habits neufs de catalyseurs du progrès collectif. Dans tous les domaines de la vie sociale.
MAKON ma PONDI. Cameroon Tribune

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