Société

Outrage à président de la République : Clément Bonda Ytembe et Cie condamnés

Le verdict de cette affaire qui défraie la chronique depuis le début, a été rendu hier par le juge du tribunal de Première instance de Mbanga. C’était en présence d’une foule de curieux.

Un an d’emprisonnement ferme, cinq cent mille francs d’amende et trente-deux mille francs cfa de dépens. Voilà présenté de manière succincte le contenu de la décision de justice rendue hier par le juge du tribunal de Première instance de Mbanga contre Bonda Ytembe Clément, Wameni André Boris et Kamou Wouwe Flavy, tous employés des Plantations de Haut Njombe (Php).

Traduit devant la barre après une vidéo virale qui a fait le tour de la toile dénonçant les difficiles conditions de travail à la Php, insultant le chef de l’Etat et le gouvernement responsable du détournement des fonds Covid évalués à 180 milliards Fcfa, ces derniers ont été reconnus coupable par le tribunal des faits qui leur sont reprochés. A savoir, de Publication et propagation de fausses nouvelles par voie de réseaux sociaux, d’outrage a Président de la République en coaction, d’outrage aux corps constitués et aux fonctionnaires. Des faits punis et réprimés par le Code pénal.

Arrêté le 11 juin dernier et gardés à vue par les éléments des forces de l’ordre, Ytembe Clément, Wameni André Boris et Kamou Wouwe Flavy, avaient été traduits devant la barre pour répondre de leur acte. Pendant l’audience du 14 juin 2021 dernier, ils avaient été reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés par le tribunal. Et ce malgré les plaidoiries du collectif des avocats qui assurent leur défense. Au cours de cette même audience, la date du 17 juin avait été avancée par le juge pour vider ce dossier. Une chose qui a été faite hier avec la condamnation des trois jeunes camerounais aux peines sus évoqués. Joint au téléphone par La Nouvelle Expression, maître Fabien Kengne qui a jugé la peine infligée à ces jeunes injustes a immédiatement interjeté appel. D’après lui, la justice n’a pas été rendue dans cette affaire et il espère avoir gain de cause au Tribunal de grande instance du Moungo.

Si les uns et les autres reconnaissent dans leurs différents commentaires que les infractions reprochées sont avérées, ils s’interrogent néanmoins sur la célérité de cette affaire et la tournure qu’elle a prise. «Le ministère public s’est saisi rapidement de ce dossier comme s’il y avait un intérêt particulier à le faire. C’est la première fois que je vois ça au Cameroun. Les infractions sont commises tous les jours, des dénonciations sont faites tous les jours mais on a rarement vu le ministère public se saisir des dossiers, ou encore les enrôler. Même quand des dossiers plus graves que cela sont portés à leur connaissance, ils ne réagissent pas autant. Je souhaite seulement que les autres dossiers au parquet soient traités avec autant de diligence», souhaite Pablo Kamo, juriste conseil en entreprise.

«Le crime que ces enfants ont commis n’est pas plus grave que ceux des membres du gouvernement qui ont détourné 180 milliards. C’est ce qu’ils ont dénoncé dans la vidéo. On a condamné ces jeunes parce qu’ils n’y avaient personne pour les défendre. Depuis que le Covidgate a commencé, on n’a arrêté personne. C’est plus facile de venir condamner les enfants», dénonce Me Tamfu sur le programme Equinoxe Soir d’Equinoxe télévision.

«Le Cameroun est une curiosité, il faut le reconnaître», commente cet internaute. « En France, on a condamné quelqu’un qui a insulté et giflé le président de la République, à 18 mois et 14 mois avec sursis. Chez nous, des jeunes ont insulté le chef de l’Etat et on les condamne à un an d’emprisonnement ferme. On pouvait leur donner trois mois pour les sanctionner et les redresser», commente Janvier Faustin Kamga qui estime que la décision a été dure. Ce dernier invite cependant le Chef de l’Etat a être Clément a l’endroit de Bonda Ytembe et compagnies frustrés par les mauvaises conditions sociales et professionnelles et qui n’ont pas su exprimer leur colère. Selon des informations en provenance de Banga, ce procès a fait foule. On y a retrouvé, les journalistes, les militants du Mrc et les populations de la ville de Mbanga et des villes voisines.

Hervé Villard Njiele

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