Société

Cameroun – Discours haineux : Les populations du Sud sensibilisées

Une mission de la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et le Multiculturalisme (CNPBM), créée en 2017, a séjourné pour la première fois à Ebolowa depuis le 16 juin 2021. Objectif visé, sensibiliser toutes les composantes de la région du Sud sur les méfaits des discours haineux et de la xénophobie.

En quête d’un retour à la paix, du vivre ensemble et de l’unité nationale mis à rude épreuve depuis quelques années par un regain de discours haineux et de xénophobie, une mission de ladite Commission conduite par le Pr Samuel Efoua Mboozo a rencontré les populations. Pendant trois jours, du 16 au 18 juin 2021, à travers divers ateliers, qui ont regroupé les autorités politiques, administratives, traditionnelles, religieuses, policières, militaires et judiciaires entre autres, il sera question d’échanger sur les causes, les effets néfastes de ces maux qui gangrènent la société et d’y apporter l’esquisse de solution.

Si pour certains ces maux sont innés et existent dans les familles et communautés, depuis la création du monde au point qu’on ne peut pas s’en passer, d’autres estiment que la crise politique en est la principale cause. «Je crois que ces discours sont nés de la convoitise. Les uns veulent être à la place des autres au point d’arracher leur trône comme c’est le cas dans bons nombres de chefferies, les familles, les frères et sœurs et je crois que nous devons seulement supporter, ces discours de haine ne peuvent pas finir, nous sommes nés avec», soutient un chef traditionnel.

Pour un homme politique, c’est la crise politique des années 90 qui aurait engendré ces dérapages. « C’est le prolongement de la crise politique qui a frappé le Cameroun dans les années de braises et les dérapages de cette époque ont amené les camerounais de certaines régions à avoir des attitudes violentes. Ces barrières il faut les faire tomber, il faut apaiser les cœurs. Mais nous souhaitons que dans toutes les autres régions du pays qu’il en soit ainsi de manière à apaiser les cœurs et à taire les querelles », observe un homme politique.

Selon le chef de mission, le Pr Samuel Efoua Mbozo’o, la constitution du Cameroun est claire. Le Cameroun est un Etat, un et indivisible mais cette constitution reconnait aussi qu’il y’a des disparités, des différences. Les personnes ressources avec lesquelles nous avons travaillé, doivent servir de relais auprès des catégories sociales qui les représentent. «Donc c’est un message de paix, de communion, de vivre ensemble que la mission de la commission est venue apporter aux populations du Sud pour que le Cameroun continue à vivre dans la paix, dans l’union des cœurs au sein de toutes les couches sociales», a-t-il conclu.

Roger Takala

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