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Commission mixte Cameroun-Nigeria : Nathalie Moudiki absente dès sa première réunion

Nathalie Moudiki SNH – absence Commission mixte Cameroun-Nigeria mai 2025

Le 13 mai 2025, la Commission mixte Cameroun-Nigeria tenait sa réunion. Nathalie Moudiki et Pierre Titi, nommés en mars pour y représenter la SNH, n’étaient pas là. Les deux étaient à Dubaï ce jour-là, pour un conseil d’administration d’une filiale de la société pétrolière. C’est un cadre de second rang, Hans Martin Abraham, chargé d’études à la division juridique, qui a été envoyé à la dernière minute pour boucher le trou.

13 mai : Dubaï plutôt que la Commission

La filiale concernée s’appelle Cstar. Créée en 2025 dans l’émirat et dirigée par Nathalie Moudiki elle-même, cette structure a pour mission de développer à Kribi une infrastructure de stockage pouvant accueillir jusqu’à 250 000 tonnes de produits pétroliers. Un projet stratégique, certes. Mais qui ne justifie pas, aux yeux de beaucoup, de sécher sa toute première réunion dans une instance bilatérale aussi sensible.

La Commission mixte Cameroun-Nigeria n’est pas une réunion ordinaire. Créée en 2002 pour mettre en œuvre l’arrêt de la Cour internationale de justice sur le différend frontalier entre les deux pays, elle supervise la démarcation des frontières terrestres et maritimes. Parmi les dossiers encore ouverts figure le partage des gisements pétroliers transfrontaliers. Autant dire que l’on n’y envoie pas un remplaçant de circonstance sans que ça se remarque.

Une technicienne du droit à la place d’un spécialiste du pétrole

Le vrai problème est ailleurs. Ou plutôt, il est cumulatif.

Adolphe Moudiki, 87 ans, patron de la SNH depuis 1993 et fragilisé par des problèmes de santé, s’appuie depuis plusieurs mois sur son épouse pour gérer l’entreprise. En décembre 2025, lors du conseil d’administration, plusieurs cadres jugés trop indépendants avaient déjà été écartés. Les remplacements opérés à la Commission mixte s’inscrivent dans cette même logique de resserrement familial du pouvoir.

Mais ce qui inquiète dans les couloirs de la Commission, c’est le profil des nouveaux membres. Nathalie Moudiki est juriste. Pierre Titi, diplômé de l’Enam, est consultant. Les deux remplaçants de Magloire Ndozeng Kouan et d’Achta Blanche Aboubakar sont des gens du droit, pas du pétrole. Et la Commission comptait déjà plusieurs juristes dans ses rangs.

Résultat : une instance chargée de négocier des gisements transfrontaliers ne dispose plus d’aucun spécialiste technique du secteur pétrolier côté SNH. C’est un appauvrissement réel, difficile à défendre sur le fond.

On ne sait pas encore si cette situation va provoquer une réaction formelle du côté nigérian ou des autres membres de la Commission. Mais l’absence du 13 mai n’est pas passée inaperçue.

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✍️ À propos de l'auteur
Laurent Diby
Laurent Diby

Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.

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