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Japoma : quand le gouverneur du Littoral bloque des locataires légaux de l’État

Domaine routier Japoma Cameroun – parcelles bloquées par le gouverneur du Littoral

Depuis 2023, plusieurs particuliers paient chaque année leurs redevances à l’État camerounais pour exploiter des parcelles du domaine routier à Japoma, près du stade. Pourtant, aucun d’eux n’a pu lancer le moindre chantier. Derrière ce blocage : le gouverneur de la région du Littoral, des intérêts fonciers considérables, et une guerre silencieuse avec le préfet du Wouri.

Les faits : des contrats valides, des travaux impossibles

Le 5 juillet 2023, le MINDCAF accorde à Clauvis Kontchou une location de 4 000 mètres carrés sur le domaine routier. Le document mentionne « Bwang Bakoko », mais les coordonnées UTM renvoient sans ambiguïté à Japoma. Une erreur de libellé, pas une fraude.

Depuis lors, il s’acquitte d’une redevance annuelle de 5 millions de francs CFA. Conformément à la loi de finances 2022/020 du 27 décembre 2022. La dernière quittance est valide jusqu’en 2027.

Kontchou n’est pas seul dans ce cas. Quatre autres bénéficiaires sont dans la même situation : Essindi Mbida Sylvain Éric, Kenfack Kendjo Marius, la société Zati Construction du Dr Tchavé Emmanuel, et la société Phoenix Group d’Élie Ngomsi. Tous paient. Aucun ne peut travailler.

Le gouverneur a ordonné l’arrêt des travaux dès le départ, invoquant des requêtes de la société Maguil et du chef de premier degré de Japoma, Jamil Songue. Mais Maguil a depuis adressé une correspondance officielle confirmant la fin de ses travaux et l’absence de toute opposition. Le MINDCAF lui-même a écrit au gouverneur pour lui ordonner d’assurer « une jouissance paisible » du terrain à Kontchou.

Le gouverneur n’a pas obtempéré. À chaque tentative de reprise des travaux, des agents interviennent pour les stopper.

Ce qui se joue vraiment à Japoma

À côté de ces parcelles louées, un certain Maurice Nguefack réalise des travaux de terrassement sur 9 hectares. Des travaux qui, selon plusieurs sources, déborderaient sur le domaine routier. C’est là que les choses se compliquent.

Une descente conjointe du cadastre et de géomètres a pourtant confirmé : les parcelles en question relèvent bien du domaine de l’État. Le chef de village n’a donc aucune base légale pour s’y opposer. L’argument de l’erreur toponymique ne tient pas face aux coordonnées.

Nguefack et le gouverneur affirment que Kontchou serait « parrainé » par le préfet du Wouri. Le préfet, lui, dit simplement appliquer la loi.

Ce qui interroge : la société UMI China Mall, installée sur le même axe, n’a jamais fait l’objet d’un arrêt de travaux. Pourquoi ces locataires camerounais, eux ?

La réponse est probablement dans la valeur foncière de cet axe en pleine expansion.

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✍️ À propos de l'auteur
Alain-Claude Ndom
Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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