Musée national: A la découverte du Cameroun

Ce lieu de mémoire a ouvert gratuitement ses portes au public hier, à l’occasion de la Journée internationale des musées.Ce lundi 18 mai 2015 était Journée internationale des musées. Pour marquer l’événement, le Musée national a, le temps d’une journée, ouvert gratuitement ses portes au public. Un public qui ne s’est pas fait prier pour visiter ce temple de la culture camerounaise. C’est que, le musée a été pris d’assaut dès le matin. En ce début d’après-midi, des jeunes, alignés en file indienne, se font enregistrer et identifier sous un chapiteau.
Pour accéder au musée, les visiteurs doivent laisser leur carte nationale d’identité (Cni) à un employé du ministère des Arts et de la Culture (Minac). Ce dernier se charge de retranscrire les informations mentionnées sur la Cni sur une fiche. Chaque fiche est individuelle. «C’est la règle», fait savoir un guide. Après l’enregistrement, les visiteurs sont orientés vers l’un des quatre chapiteaux qui font office de salles d’attente. Tout le monde est astreint au processus. Même Yvan, dont un parent travaille au Minac.
L’attente se fait sous un soleil ardent. Le jeune homme a le visage couvert de sueur. Il se fait par ailleurs charrier par ses copains. «Tu vas supporter, même si papa travaille ici. Tu dois faire comme tout le monde. Mets-toi en rang», lui disent-il d’un ton taquin. Yvan répond par un sourire. Les minutes s’égrènent. Un groupe de visiteurs quitte la «salle d’attente.» L’un des guides les oriente vers la porte de l’ancien palais présidentiel, qui fut le lieu de travail et la résidence du premier président camerounais, Ahmadou Ahidjo. Ils sont pris en charge par une autre guide, Lydienne Bilong. C’est elle qui fera la visite guidée. Sur les murs, des photographies de l’actuel président de la République du Cameroun, Paul Biya, et du domicile de l’officier de la force impériale de sécurité maritime du Cameroun allemand, Hans Dominik, restauré et transformé en musée, sont accrochées au mur.
«[i]Ce bâtiment est situé derrière le ministère des Finances[/i]», informe Lydienne. La visite se poursuit au premier étage. La salle qui reçoit les visiteurs est consacrée à l’exposition de la poterie. Les calebasses des régions du Cameroun sont recouvertes de pots en verre. D’une salle à l’autre, Yvan est ébahi. Il reconnaît des personnalités. «[i]Voilà Philemon Yang et Manu Dibango[/i]», s’écrie-t-il à la vue des photos du Premier ministre du père de Soul Makossa. La légende qui accompagne la photo de l’actuel chef du gouvernement camerounais indique que le cliché a été pris en 1975, quand Philemon Yang était vice-ministre de l’Administration territoriale.
Yvan est fasciné par les explications de la guide et tout ce qu’il voit. C’est sa première visite au Musée national, depuis l’ouverture de ce lieu de mémoire qui a officiellement rouvert ses portes le 16 janvier dernier. Mais Yvan n’est pas le seul dans ce cas. «C’est le cas de la majorité des visiteurs que nous avons enregistré aujourd’hui», indique Lydienne Bilong. Selon cette dernière, le musée a reçu plus de 15.00 visiteurs depuis sa réouverture. Preuve, selon, elle que les Camerounais s’intéressent à l’histoire de leur pays.
«[i]Il faudrait que les Camerounais maitrisent leur histoire, pour prévoir leur avenir[/i]», dit-elle.
Les visiteurs se recrutent davantage parmi les jeunes, apprend-on. En quête de connaissances historiques, ces derniers viennent notamment admirer de vieux objets d’arts. Comme le galet aménagé, vieux de 50.000 ans. Sans doute le plus vieil objet du Musée national. Instituée depuis 1977, la Journée internationale des musées est l’occasion de sensibiliser le grand public aux enjeux des musées dans le développement de la société.

Nadine Ndjomo

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