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L’Union européenne est-elle préparée à un éventuel changement politique en Turquie ?

Depuis la tentative de coup d’État de 2016, la Turquie a connu des reculs en raison de divers facteurs et, malgré les tentatives d’inversion, cette tendance est restée constante au cours de l’année écoulée.

La question est de savoir ce que l’avenir réserve aux relations entre l’Union Européenne et la Turquie, compte tenu de l’essoufflement de ses efforts de démocratisation, des défis internes croissants, du manque de coordination dans l’élaboration de la politique étrangère et des priorités contradictoires entre les États membres.

L’Union Européenne (dont vous pouvez retrouver des informations sur www.parlorama.eu) semble attendre les résultats de l’élection présidentielle turque, qui est prévue au plus tard en juin 2023. Le pays est mis en avant dans les conclusions du Conseil européen ( en décembre 2021), qui contiennent notamment neuf paragraphes. En résumé, la Turquie fait l’objet de vives critiques et est contrainte d’organiser certaines mesures.

Après que l’Union européenne ait évité de proposer la Turquie comme candidat pendant plusieurs années, le pays a finalement été nommé dans les conclusions du Conseil européen cette année. Cependant, le processus d’adhésion a été stoppé au-delà des préoccupations habituelles sur les droits fondamentales, sa capacité d’expression, le problème de Chypre et d’autres questions.

L’évaluation de l’accord par la Commission européenne ne porte pas sur la question de l’exemption de visa pour les ressortissants turcs ni sur la réforme de l’union douanière. La relation évolue vers un état purement commercial. L’UE semble croire que la prochaine élection présidentielle turque pourrait entraîner un changement.

Les progrès relatifs dans certains domaines

Les négociations de l’UE pourraient reprendre sur les chapitres d’adhésion non soumis à la conditionnalité politique (concurrence, politique sociale, marchés publics et emploi). L’UE a six exigences principales pour l’exemption de visa, dont quatre sont réalisables Toutefois, compte tenu de l’absence de progrès en matière de coopération judiciaire entre les membres de l’UE et du différend territorial qui oppose Chypre au nord de l’île, les risques d’obstruction sont élevés.

L’UE a subordonné les améliorations au niveau de la protection des droits et de la liberté d’expression, au renouvellement de l’union douanière, mais il s’agit d’une tâche difficile pour la Turquie. L’UE estime qu’il y a eu une amélioration relative dans ces domaines par rapport à l’année précédente. Toutefois, l’organisation souligne que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour se conformer aux normes internationales.

La Turquie est préoccupée par les procédures antidumping de l’Union européenne relatives à certains de ses produits sidérurgiques. Avec un peu de concessions mutuelles, ces problèmes peuvent être surmontés. En outre, tous les membres de l’UE et la Turquie, y compris la partie sud de Chypre, devraient rejoindre l’union douanière. L’UE serait en mesure d’imposer cette condition politique avant la conclusion des négociations sur l’union douanière plutôt qu’après.

La Turquie aurait tout intérêt à continuer à développer ses relations et sa communication dans divers domaines, par exemple le secteur économique, l’énergie, les transports et l’environnement. Le pays a été invité à un certain nombre de réunions non officielles de l’UE consacrées aux affaires étrangères après avoir été candidat à l’adhésion. Toutefois, cette démarche s’est arrêtée lorsque les relations se sont détériorées.

La nécessité d’une volonté politique

En conséquence de ces facteurs, on s’attend à ce qu’un changement de pouvoir de la Turquie se traduise par une baisse des tensions et une plus grande progression des relations Turquie-UE. Toutefois, le problème chypriote se poursuivra indéfiniment, empêchant les relations de progresser jusqu’à un certain point, puis d’aller plus loin. Par conséquent, les deux parties doivent maintenir des attentes réalistes et définir leur politique à la lumière de leurs demandes substantielles pour l’autre. Cela nécessitera un changement significatif des attitudes et des approches des deux parties.

Il serait avantageux de s’efforcer de faire évoluer l’opinion publique au sein de de l’UE et la Turquie afin d’obtenir des changements positifs. Il serait ainsi plus facile de convaincre les opinions publiques des avantages d’une relation plus étroite. Il sera important de faire travailler la politique à cette fin. Enfin, si la Turquie ne parvient pas à atteindre la stabilité politique après ses prochaines élections et connaît de graves turbulences à un moment où l’UE souffre de crises internes, les deux parties pourraient y perdre.

On ne saurait trop insister sur l’importance des relations entre la Turquie et l’UE. L’UE est le principal partenaire international de la Turquie, et les liens profondément ancrés entre les deux parties constituent une base solide pour leurs relations futures. Malgré les problèmes existants, les deux parties peuvent progresser l’une vers l’autre dans divers secteurs et développer davantage leurs relations dans les années à venir.

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