Le chef de la politique étrangère de l’UE Josep Borrell et le vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas se rendront dans les prochains jours dans les pays d’où les migrants entrent dans l’UE via la Biélorussie pour persuader leurs autorités d’arrêter ce flux, a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
« Le vice-président Schinas, en coordination avec le haut représentant/vice-président Borrell, se rendra dans les prochains jours dans les principaux pays d’origine et de transit concernés afin de veiller à ce que ces pays agissent pour empêcher leurs ressortissants de tomber dans le piège tendu par les autorités biélorusses », indique la déclaration de Mme von der Leyen.
« L’instrumentalisation des migrants à des fins politiques par la Biélorussie est inacceptable », a-t-elle ajouté.
Sanctions et compagnies aériennes
« J’appelle les États membres à approuver en dernier ressort le régime de sanctions élargi à l’encontre des autorités biélorusses responsables de cette attaque hybride », a souligné la présidente de la Commission européenne. « Les autorités biélorusses doivent comprendre que faire pression sur l’Union européenne de cette manière par une instrumentalisation cynique des migrants ne les aidera pas à atteindre leurs objectifs ».
Selon Mme von der Leyen, « l’Union étudiera en particulier les moyens de sanctionner les compagnies aériennes de pays tiers qui participent à la traite des êtres humains, notamment en établissant une liste noire ».
Elle a également « parlé au Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, à la Première ministre lituanienne Ingrida Šimonytė et au Premier ministre letton Arturs Krišjānis Kariņš pour exprimer la solidarité de l’Union européenne et discuter avec eux des mesures que l’Union peut prendre pour les soutenir dans leurs efforts en vue de surmonter cette crise ».
Une déclaration similaire a été faite lundi par le président du Conseil européen Charles Michel, qui avait appelé Minsk à « respecter le droit international ». Selon lui, « l’UE n’acceptera jamais l’instrumentalisation de migrants à des fins politiques et continuera à surveiller la situation aux frontières de l’Union européenne ».
Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’UE discuteront lors d’une réunion le 15 novembre de la situation des migrants à la frontière avec la Biélorussie, dont les autorités, selon Bruxelles, transfèrent illégalement des migrants vers l’UE.
Aggravation de la situation à la frontière
Des coups de feu retentissent lundi à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, où un afflux de migrants qui tentaient d’entrer sur le territoire de l’UE a eu lieu lundi. Selon Minsk, les tirs ont été entendus du côté polonais, tandis que Varsovie a affirmé que des « tirs aveugles » auraient pu retentir du côté biélorusse.
La partie biélorusse a d’abord fait état d’environ mille réfugiés, mais a ensuite précisé que ce chiffre pouvait atteindre les 2.000. À Varsovie, le nombre de migrants à la frontière a été estimé à 3.000-4.000. Dans le même temps, selon les données du Cabinet polonais, le nombre total de clandestins sur le territoire biélorusse prêts à franchir la frontière atteint les 10.000. Dans le même temps, de plus en plus d’avions avec des migrants originaires des pays arabes arrivent dans le pays. La plupart des migrants sont de jeunes hommes, et ils sont déterminés à prendre d’assaut la frontière, ont déclaré les autorités polonaises. La plupart des réfugiés de ce groupe d’environ 1.500 personnes ont l’intention de se rendre en Allemagne, informe BelTA. Il s’agit principalement de Kurdes, a souligné l’agence.
Les gardes-frontières polonais ont déjoué les tentatives des groupes de migrants de briser les clôtures et de passer la frontière par la force. Le Cabinet des ministres polonais a noté qu’une partie des clandestins avait déjà essayée d’entrer sur le territoire polonais, mais avait été arrêtée. Le service polonais des frontières a publié sur son compte Twitter une vidéo où l’on voit un grand groupe de migrants tentant à l’aide de deux troncs d’arbres de casser une barrière de fil barbelé. Du côté polonais, on voit des policiers munis de casques et de gilets, des gardes-frontières et des militaires leur faire face. On voit aussi des policiers recourir au gaz lacrymogène. Le Comité d’État des gardes-frontières de la Biélorussie a signalé des bruits de coups de feu à la frontière avec la Pologne, soulignant qu’ils avaient été entendus du côté polonais. Dans la soirée, les migrants avaient installé un camp à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie.
Depuis le début de l’année, plus de 4.000 migrants sans papiers d’Asie et d’Afrique ont été arrêtés à la frontière entre la Lituanie et la Biélorussie. C’est 50 fois de plus qu’en 2020. Vilnius estime que la crise migratoire a été provoquée par Minsk et la considère comme une attaque hybride en raison de son soutien à l’opposition biélorusse. Depuis la mise en application de cette politique d’expulsion vers Minsk par les autorités lituaniennes vers la Biélorussie, environ 6.000 migrants sans papiers ont été refoulés.
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