Le président Bozizé très satisfait de son séjour camerounais qui s??est achevé hier C??est un chef d??Etat centrafricain manifestement satisfait de son séjour camerounais de 48 heures qui s??est envolé hier pour son pays. Il a clairement exprimé sa satisfaction au cours du court mais dense entretien qu??il a eu avec la presse. Il en a d??ailleurs profité pour remercier le chef de l??Etat ainsi que tout le peuple camerounais pour toutes les attentions dont lui et la délégation qui l??accompagnait ont été l??objet. Les motifs de satisfaction du chef d??Etat centrafricain sont d??ailleurs consignés dans le communiqué conjoint qui a sanctionné cette visite, communiqué lu par Mme Ambroisine Kpongo, ministre délégué
auprès du ministre des Affaires étrangères, de l??Intégration régionale et de la Francophonie de la République centrafricaine. Mme Ambroisine Kpongo et le ministre des Relations extérieures du Cameroun, Henri Eyebe Ayissi venaient d??ailleurs de parapher quelques minutes plus tôt, les documents relatifs à la visite de la délégation centrafricaine chez nous. A la lecture de ce communiqué, on a alors appris, entre autres choses, que les deux chefs d??Etat ont recommandé une stricte application des textes communautaires en vue d??aboutir à l??intégration sous-régionale. Ils ont, par ailleurs, réaffirmé leur détermination à poursuivre le processus de délimitation et de démarcation de leurs frontières, de même qu??ils ont affiché leur détermination à combattre l??insécurité transfrontalière. Avant de quitter le sol camerounais, le chef d??Etat centrafricain a invité son homologue camerounais à effectuer une visite officielle en RCA. C??est le Premier ministre, chef du gouvernement,Philemon Yang qui a accompagné notre illustre hôte à l??aéroport de Yaoundé-Nsimalen. Les deux hommes sont d??ailleurs arrivés à l??aéroport dans la même limousine à 9h, tandis que leurs épouses se trouvaient dans une autre. Ils ont été accueillis par les corps constitués avec à leur tête le ministre d??Etat, secrétaire général à la présidence de la République, Laurent Esso. Après un bref arrêt au salon d??honneur où vont se dérouler la signature des documents et la rencontre avec la presse, le président François Bozizé sera conduit à l??estrade officielle pour l??exécution des hymnes nationaux, puis suivra la revue des troupes, la présentation des corps constitués et finalement la remise de l??album-photos. C??est à 9 h 30mn que l??avion ayant à son bord, le couple présidentiel centrafricain, ainsi que la délégation qui l??accompagnait s??est envolé de l??aéroport international de Yaoundé-Nsimalen.
NDZINGA AMOUGOU, CT
Le cri du sage
L??intégration sous régionale en Afrique centrale avance avec « une sage lenteur ». Cette expression du président de la République, tirée du toast prononcé lundi soir à l??occasion du dîner officiel offert au « Salon des ambassadeurs » du palais de l??Unité en l??honneur de son homologue centrafricain et Madame Monique Bozizé, mériterait assurément de figurer dans « Les proverbes de Paul Biya » du philosophe Hubert Mono Ndzana «(Editions Carrefour, 1997). Elle a suscité un large sourire voire l??hilarité de quelques unes des personnalités présentes aux agapes, contrastant avec le sérieux des lieux et la gravité du thème. Elle pourrait pourtant être analysée comme le cri maîtrisé du sage africain, exprimé par son auteur avec cet art consommé de la litote qui a su chatouiller l??esprit des convives. Il ne serait pas exagéré, dans ce contexte, d??appliquer à la réaction ainsi sus-citée par cette observation sur le rythme déploré depuis longtemps de l??évolution de l??intégration sous-régionale en Afrique centrale, la critique du poète français Alfred de Musset dans ses «Poésies nouvelles» sur l????uvre de Molière. «Quelle mâle gaîté, si triste et si profonde, que, lorsqu??on vient d??en rire, on devrait en pleurer !» Les lenteurs et les obstacles artificiels ou non à l??intégration sous-régionale en Afrique centrale, au regard des autres sous-régions du continent, ont tout autant été décriés par le président Tchadien Idriss Deby Itno lors de sa visite officielle au Cameroun les 28 et 29 octobre dernier. Il s??agit, explique-t-il dans une interview à Cameroon Tribune le 30 octobre 2009, d??« une ??uvre commune qui exige un plein engagement, un volonté réelle et surtout une promptitude dans les actions à mener ». Le président centrafricain François Bozizé ne pense pas moins sur la nécessité de la construction de ce qu??il appelle « notre maison commune », à savoir la Communauté économique et monétaire des Etats de l??Afrique centrale ou CEMAC.S??il existe des réalisations concrètes pour la marche vers l??intégration à l??instar du pipe-line Tchad-Cameroun ou des concertations efficaces sur les problèmes de sécurité transfrontalière par exemple entre le Cameroun et la RCA, le chemin demeure parsemé d??embûches notamment sur la question de la libre circulation des personnes et des biens, le développement du commerce régional, la liberté d??établissement etc. Pourtant la complexité des problèmes devrait d??autant moins constituer une entrave à l??intégration sous-régionale que celle-ci, de l??avis de tous les pays membres de la CEMAC ainsi que des partenaires étrangers, demeure la voie obligée pour un développement viable actuellement bridé par les égoïsmes nationaux stériles et sclérosants. L??Afrique centrale est en quête de « moteurs », pour emprunter le mot du président Paul Biya lors de la visite de son homologue Idriss Deby. Pour développer un sentiment d??appartenance à une même communauté, il faut des réalisations communes qui lient les pays et les peuples d??Afrique Centrale : infrastructures routières à vocation sous-régionale ; projets agricoles d??envergure pour approvisionner la sous-région ; rapprochement des marchés financiers etc. C??est dans cette perspective, au-delà des relations bilatérales, que le Cameroun apporte sa contribution dans la création et le maintien des conditions de sécurité et de stabilité en République centrafricaine, sachant par ailleurs que quand la maison du voisin prend feu, il est dans son propre intérêt de l??aider à l??éteindre. Les gouvernements et les experts du Cameroun et de la RCA ont sans doute du pain sur la planche pour traduire concrètement les aspirations exprimées par les chefs d??Etat des deux pays dans la perspective de l??intégration sous-régionale. Mêmes s??ils n??ont pas de délai pour cette ??uvre, ils n??ont pas l??éternité pour l??accomplir.
ESSAMA ESSOMBA, CT
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