Le secteur des Transports serait-il incontrôlable ?

Si vous avez remarqué, on ne parle plus beaucoup de la réglementation du secteur des motos- taxis. Le sujet paraît en voie d??oubli. Deux semaines seulement après la date de prise d??effet du dernier décret du Premier ministre, organisant l??activité au Cameroun. Ce silence ne serait pas une mauvaise chose en soi, si les opérateurs s??étaient conformés à la loi. Mais on en est

loin. Si quelques « disciplinés » concèdent le port du gilet d??identification, si quelques rares « bendskineurs » ont accepté d??aller chercher un permis de conduire à l??auto-école, l??immense majorité est restée en marge de la réglementation, espérant se faire oublier comme d??habitude. C??est jsutement ce qui est en train de se passer. Sur la route pendant ce temps, le désordre a repris de plus belle. Les conducteurs de motos- taxis continuent à semer la zizanie sur la chaussée et même au-delà. Forcément. Ils n??ont pas de permis de conduire, ne sont pas assurés, ne portent pas de casque, ne sont pas clairement identifiés comme les taxis ordinaires. Le résultat est ce cocktail explosif auquel les automobilistes essaient de s??habituer. Mais avec grande peine. Difficile de prévoir qu??une moto va surgir de la droite, ou en face, tenter de passer malgré l??étroitesse de l??espace. Cette image-là pourrait résumer l??état d??esprit général dans le secteur des transports au Cameroun. Où les règles sont définies, connues, strictes même. Mais presque jamais appliquées. Pourquoi les acteurs ici sont si difficiles à discipliner ? La réponse à cette question semble se trouver dans une certaine dilution des responsabilités. Entre le ministère des Transports, les autorités administratives, les forces de l??ordre, les syndicats de transporteurs, les promoteurs d??auto-écoles??on ne sait vers qui se tourner. Et personne n??est pas parvenu jusqu??ici à trouver la formule de répression la plus appropriée pour décourager un incivisme réellement maladif. Comme on parlait des motos-taxis, on peut le faire pour le permis de conduire et les autres titres de transports. Pour cet autre pan de l??activité des transports, la volonté d??assainir a été mille fois répétée. Les pouvoirs publics ont même franchi le pas de l??informatisation. Mais est-ce pour autant qu??il y a moins de personnes qui obtiennent le sésame sans passer par les auto-écoles, Pas si sûr. Les hommes derrière les ordinateurs sont restés les mêmes. Très sensibles à l??odeur des billets de banque. On pourrait dire la même chose des plaques d??immatriculation « réflectorisantes », qu??on a jamais vraiment réussi à faire passer. C??est vrai, un bon nombre de propriétaires de voitures ont adopté le principe et acheté la fameuse plaque Cemac. Beaucoup d??autres aussi ont vu que le jour où l??on avait promis des contrôles et des mises à la fourrière, rien ne s??est passé. Ils ont donc continué avec leurs plaques à moins de 5000 F, au lieu d??aller jeter près de 13.000 F pour une plaque réglementaire. C??est comme ça les transports chez nous. Les « grumiers » sont interdits de circuler en ville en journée, mais on ne compte plus les accidents qui surviennent dans cette tranche horaire. Le badge du taximan ressemble à une affaire d??humeur de chacun. Ici, c??est : une règle de conduite, une date butoir, ultimatum et plus rien. La vie continue. Après, on s??étonne qu??il y ait tant de morts ?
Yves ATANGA, Cameroon Tribune

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