Le débat sur l’autochtonie au Cameroun : les Bamilékés mettent un point final

Cabrel Nanjip Nyamton

L’autochtonie, notion qui soulève de vives polémiques dans bien des coins du monde, semble avoir trouvé une certaine clarté dans la société Bamiléké au Cameroun. Une position claire et nette, enracinée dans une tradition ancestrale, vient d’être réaffirmée par cette communauté : « Quels que soient tes déplacements terrestres, tu es autochtone du village de ton père ». Une phrase qui résonne fort et qui éteint les débats enflammés sur l’autochtonie.

L’histoire de Cabrel Nanjip : une illustration concrète

Prenons l’exemple de Cabrel Nanjip. Né et élevé à Bangangté, le village maternel, il a vécu une grande partie de sa vie à Douala, ville cosmopolite par excellence. Malgré ces pérégrinations, son dernier voyage sera vers Bangoua, le village paternel, pour son repos éternel.

Cette démarche vient rappeler la puissance des traditions et du respect des coutumes, pilier de la communauté Bamiléké. Elle souligne que l’appartenance à une terre, à une culture, à une histoire, ne se mesure pas seulement en termes de résidence physique.

Le débat sur l’autochtonie : une question sensible au Cameroun

Ces derniers temps, la question de l’autochtonie au Cameroun a fait couler beaucoup d’encre. Qui peut se prétendre autochtone ? Qu’est-ce qui définit l’appartenance à une communauté ou à un lieu ? Les réponses à ces questions varient grandement en fonction des individus, des groupes ethniques et des régions. Mais pour les Bamilékés, le débat semble clos : on n’est pas partout chez soi.

Les leçons à tirer

Cette position des Bamilékés n’est pas seulement un rappel des traditions ancestrales, elle est aussi un appel au respect des origines et des identités. Elle encourage chaque Camerounais à être fier de son héritage, tout en respectant celui des autres. Elle illustre aussi que la question de l’autochtonie n’est pas uniquement une affaire de géographie, mais aussi et surtout de culture et d’histoire.

En fin de compte, cette perspective pourrait aider à apaiser certains conflits et à promouvoir l’unité dans la diversité, valeurs essentielles pour le développement harmonieux du Cameroun.

Olivier Mbom, 237online.com

Né à Douala et résidant actuellement à Yaoundé, Olivier Mbom a toujours été fasciné par la richesse et la diversité des cultures camerounaises. Son travail consiste à partager cette fascination avec le reste du monde à travers ses écrits. Passionné par les questions d’identité et d’appartenance, il considère que chaque histoire a le potentiel de nous éclairer sur nous-mêmes et sur les autres.

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