Le Camerounais Alain Nkontchou évincé d’Écobank

Alain Kountchou

C’est un véritable séisme qui a secoué le monde de la finance africaine le 6 juin 2024. Lors de la 36e Assemblée générale d’Écobank Transnational Incorporated (ETI) à Lomé, le Camerounais Alain Nkontchou a été brutalement démis de ses fonctions de président du Conseil d’administration. Une éviction choc qui soulève de nombreuses questions sur les réelles motivations de ce putsch au sommet du géant bancaire panafricain.

Le couperet tombe pour Nkontchou

La sentence est tombée comme un couperet pour Alain Nkontchou. Celui qui présidait aux destinées du Conseil d’administration d’Écobank depuis juin 2020 a été prié de faire ses valises au profit du Sénégalais Papa Madiaw Ndiaye. Un changement de tête inattendu qui a pris de court les observateurs, tant le financier camerounais semblait installé dans le fauteuil de président.

Alain Nkontchou avait fait un travail remarquable ces dernières années, contribuant à faire d’Écobank un leader incontesté en Afrique. Son éviction ressemble à un règlement de comptes. De fait, les raisons officielles de ce débarquement soudain restent pour le moins opaques.

Enko Capital, le fonds qui dérange ?

En coulisses, beaucoup voient un lien avec la montée au capital du fonds d’investissement Enko Capital, co-fondé par Alain Nkontchou et son frère Cyrille. Depuis 2022, le fonds a acquis plus de 345 millions d’actions d’ETI, devenant le 6e actionnaire du groupe avec 1,4% du capital. Une opération massive qui a visiblement fait grincer des dents au sein du conseil.

Un bilan pourtant solide

Car le bilan d’Alain Nkontchou à la tête du Conseil d’ETI est loin d’être négligeable. Sous sa houlette, le groupe bancaire a connu une croissance soutenue, renforçant sa position de leader sur le continent. Un succès qui doit beaucoup à l’expertise et au carnet d’adresses fourni de ce financier rompu aux arcanes des marchés africains.

Les défis du nouveau président

Pour son successeur Papa Madiaw Ndiaye, la pression sera donc maximale. Le Sénégalais hérite d’un groupe en pleine forme, mais aussi d’un climat de suspicion lié aux conditions du départ de son prédécesseur. Sa priorité sera de rassurer sur sa gouvernance et sa capacité à préserver l’indépendance du Conseil face aux intérêts particuliers.

Un défi à la hauteur de ce banquier expérimenté, qui aura la lourde tâche de faire oublier le choc Nkontchou. Car au-delà des rumeurs et des spéculations, une certitude demeure : en perdant Alain Nkontchou, Écobank se sépare d’un dirigeant qui aura marqué l’histoire du groupe. Et nul doute que le Camerounais, âgé de seulement 55 ans, n’a pas fini de faire parler de lui dans la finance africaine.

Par Christine Etoga pour 237online.com

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