Retrouver le chemin de la croissance, afin que le Cameroun entre effectivement dans la modernité et devienne à terme un pays émergent. Tel est l??impératif qui sous-tend l??ensemble des efforts actuellement déployés, notamment à l??échelon le plus élevé de notre pays, en vue de «vendre» l??image du Cameroun, en sorte de déclencher un salutaire afflux de visiteurs en
général, mais surtout d??investisseurs. Les retombées des contacts intenses que le chef de l??Etat a noués, à la faveur de sa récente visite officielle en France, avec de nombreux dirigeants des milieux d??affaires français, devraient logiquement se traduire par un afflux toujours plus grand de visiteurs intéressés à divers titres. L??afflux des visiteurs ?? touristes de plaisance, de congrès ou d??affaires ?? qui prend déjà des allures de ruée ainsi qu??on l??observe de plus en plus dans nos métropoles, interpelle fortement l??ensemble des parties prenantes dans l??effort de capitalisation de ce mouvement dont dépend largement le regain de vitalité de l??économie nationale. Pour ne s??en tenir qu??à l??un des aspects les plus visibles, il y a lieu de relever qu??aux portes d??entrée et de sortie du Cameroun que constituent nos aéroports, l??état des lieux nécessite un changement radical. Sont concernés à cet égard aussi bien les commodités que les comportements des intervenants qui, dans nos aérogares, devraient concourir efficacement à la facilitation des mouvements entrants ou sortants des voyageurs. Ceux qui sont amenés à se rendre dans l??aérogare commerciale de nos aéroports internationaux, soit en tant que voyageur, soit pour accueillir ou raccompagner un visiteur, font l??amère expérience d??un environnement et d??une atmosphère tout à fait à l??opposé de l??efficacité et de la convivialité qui devrait entourer l??accueil et l??encadrement des voyageurs en partance ou qui débarquent. Dans les halls des aérogares où devrait régner une sérénité propice à un bon déroulement des opérations tant au niveau du débarquement qu??à celui de l??enregistrement et de l??embarquement des voyageurs, c??est à une véritable foire d??empoigne qu??on assiste. Avant l??enregistrement des passagers des vols internationaux, une faune d??intervenants se réclamant de services de contrôle aussi divers que tatillons (services phytosanitaires, forêts, faune, artisanat etc.) soumettent les voyageurs à une pression intenable, à force d??exigences de frais afférents à l??exportation de denrées et produits divers, sur la base de barèmes non révélés. Toutes choses qui s??apparentent à un rançonnement des voyageurs. D??ailleurs ceux-ci, aussi bien au départ qu??à l??arrivée, se retrouvent soumis à un quasi racket de dizaines de débrouillards se présentant comme des «porteurs». Le voyageur n??a d??autre choix que de recourir aux services payés au prix fort à ces opportunistes qui ont au préalable confisqué un à trois des ces caddies indispensables pour le transport des bagages et qui sont normalement disponibles dans les aérogares pour un usage gratuit où à peu de frais. Un second aspect peu enviable, c??est l??état des espaces toilettes qui mériteraient une plus grande attention en termes de salubrité et d??accessibilité. Un troisième aspect de l??environnement d??accueil des voyageurs, c??est l??organisation des parkings où l??approche artisanale résulte dans des engorgements à l??unique point de paiement des frais et de sortie des véhicules particuliers. Voulons-nous véritablement tirer le meilleur parti de l??afflux des visiteurs qui va sûrement aller croissant ? Alors il n??y a pas de temps à perdre pour mettre un ordre minimal dans et autour de aérogares de nos aéroports internationaux. En un mot comme en cent, il est impérieux ?? et ce sera tout bénéfice pour notre économie dont la relance en dépend ?? de soigner l??accueil de nos visiteurs. Il s??agit en définitive d??améliorer le cadre d??accueil dans nos aéroports, sous peine de dissuader les visiteurs et potentiels investisseurs dont les mauvais souvenirs qu??ils pourraient emporter, ne peuvent que ternir l??image du Cameroun et dévaloriser son potentiel économique.
Augustin FOGANG, Cameroon Tribune
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