Le ministère camerounais de la Santé publique vient de lancer une vaste campagne de sensibilisation et de contrôles contre la consommation de chicha, pratique en vogue chez les jeunes mais aux lourdes conséquences sanitaires. Explications.
Une recrudescence inquiétante de la chicha au Cameroun
Le constat est alarmant : la chicha, pipe à eau orientale utilisée pour fumer du tabac aromatisé, a le vent en poupe auprès des 15-35 ans au Cameroun. On estime à plusieurs centaines le nombre de bars, restaurants et établissements de nuit proposant ce loisir à la mode mais pourtant interdit depuis 2016 dans les lieux publics.
Face à cette recrudescence qui met en danger la santé de la jeunesse camerounaise, le ministère de la Santé publique (MINSANTÉ) a décidé de taper du poing sur la table. « Je rappelle que la chicha est un produit dangereux et interdit dans les espaces publics au Cameroun » a ainsi martelé le 27 janvier le Dr Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique.
Contrôles et sensibilisation contre l’addiction des jeunes à la chicha
Concrètement, le MINSANTÉ prévoit le lancement d’opérations coup-de-poing sur l’ensemble du territoire « à l’effet de faire respecter la réglementation en la matière ». Comprendre : des contrôles dans les restaurants, bars et boîtes de nuit prisés de la jeunesse, avec saisie du matériel et lourdes sanctions à la clé pour les contrevenants.
Parallèlement à cette fermeté sur le terrain, le gouvernement mise aussi sur la sensibilisation avec le lancement prochain d’une vaste campagne médiatique. L’idée : alerter les 15-35 ans sur les risques cardiovasculaires et respiratoires inhérents à la consommation de chicha qui, contrairement aux idées reçues, est aussi nocive que la cigarette.
Et pour cause : l’utilisation de charbon de bois pour chauffer le tabac de la chicha produit de l’oxyde de carbone, du goudron et autres substances cancérogènes qui ne sont pas filtrées comme dans une cigarette classique.
Les bars et restaurants pointés du doigt comme lieux de perdition
Si la chicha a autant le vent en poupe chez les jeunes Camerounais, c’est avant tout à cause du laxisme coupable de certains établissements peu scrupuleux. La faute à des bars, restaurants et boîtes de nuit qui voient dans ce business un moyen facile de faire recette. Au détriment de l’éthique et de la réglementation…
Certains n’hésitent pas à installer des salons cosy 100% dédiés à la chicha pour fidéliser les accros. Sans compter les promotions alléchantes du type « chicha à volonté » qui poussent à la surenchère des consommations. Des pratiques commerciales agressives qui transforment ces lieux en repaires d’adeptes de la chicha.
Une toxicomanie insidieuse qui gangrène toute une génération
Conséquence directe de ce laisser-faire : la chicha s’apparente de plus en plus à une addiction chez certains jeunes qui n’hésitent pas à enchaîner les sessions quotidiennes, au détriment de leur santé. Entre phénomène de mode et dérive sectaire, le glissement est ténu.
D’autant que le marketing agressif de certaines marques de tabac contribue à banaliser la chicha via des packagings acidulés façon bonbons qui ciblent sciemment les plus jeunes. De quoi alimenter une toxicomanie « propre » aux répercussions pourtant bien réelles à moyen terme.
C’est ce cercle vicieux que le MINSANTÉ entend bien briser à travers sa campagne choc. Une nécessité absolue pour endiguer le fléau de la chicha et ses méfaits sanitaires chez les adolescents camerounais. Il en va de l’avenir de la jeunesse du pays.





