Société

Kumba: Les couacs du Redhac sur la tragédie

Le Redhac, le Réseau des défenseurs des droits de l’homme en Afrique a organisé après le massacre de Kumba, une pseudo conférence de presse pour mêler sa voix à l’indignation ambiante.

Sa réaction arrive neuf jours après, un peu comme si depuis l’événement, la clique peinait à trouver la bonne formule pour faire passer la pilule.
Il fallait à tout prix s’exprimer, certainement pour ne pas être en reste, et justifier sa prétentieuse posture de «défenseur des droits humains», qui sonne très bien et sert de paravent à tout ce qu’on veut. alors le redhac y est allé de son petit speech sur l’horreur du 24 octobre 2020 à Kumba.

Pour faire bonne mesure, le gang de Mme Ngo Mbe a appelé en renfort de circonstance un machin encore plus fumeux dit «Action mondiale pour la justice et la paix au Cameroun». initiative louable ? Si on veut. Mais à vouloir scruter de près la déclaration commune des deux groupuscules acoquinés à cette triste occasion, on reste quand même pantois.

Pour commencer, le redhac, pensant jouer aux bonnes âmes à bon compte, a cru devoir agiter à son tour un mouchoir pour essuyer des larmes qui sont en fait celles d’un crocodile. Mais il l’a fait avec un subtil et volontaire amalgame entre la situation générale du noso et une «indignation»
d’apparent bon aloi. Morceaux choisis de l’arnaque de communication: «Il y a péril en la demeure, l’escalade à atteint des proportions inquiétantes, le Rubicon est franchi».très surprenant de la part de cette association ! en effet, ce n’est donc que maintenant que, pour ce que cela pourrait vouloir dire, «le Rubicon est franchi» ? et quid de la banalisation des meurtres des éléments de l’armée et des paisibles citoyens innocents ; des viols systématiques ; des enlèvements suivis de demandes de rançons ; des incendies des écoles, dispensaires et autres infrastructures perpétrés par les terroristes ambazoniens depuis des années ? et d’ailleurs, qui a même fixé la ligne rouge de ce «Rubicon» ? le redhac ? il faut éviter de se boursoufler d’une importance qu’on n’a pas. Soyons un peu sérieux !
Ensuite, le plat de résistance supposé : «Tuer de sang-froid des petits enfants qui ne demandaient qu’à aller à l’école ne peut s’expliquer, se justifier, se comprendre, s’accepter. Quel que soit le bout par lequel on appréhende la situation, il faut s’indigner». Fort bien balancé. très belle «indignation» n’est-ce pas ?
Mais qui a jamais suggéré le contraire ou même autre chose ? les camerounais n’ont pas attendu cette réaction du redhac — par ailleurs assez tardive – pour dénoncer le caractère odieux et particulièrement barbare de ce qui s’est passé à Kumba. ngo Mbe et ses complices en activisme enfoncent donc Une porte grande ouverte, au point qu’on peut se demander l’intérêt de ce laïus si convenu.
enfin, on constate que jamais le redhac n’a osé désigner, pour le condamner, le coupable de ce crime. Par une astuce désormais banale, il demande plutôt au gouvernement «d’accepter enfin une mise sur pied [sic] et l’opérationnalisation d’une mission indépendante d’établissement des faits pour démasquer les commanditaires et les exécutants de ces tueries qui s’accumulent et jettent l’opprobre sur le Cameroun». là, la coupe est pleine !

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Quelle est cette circonlocution embrouillée et malhonnête, juste pour éviter de dire que les sicaires sécessionnistes sont les auteurs de l’hécatombe de Kumba ? On dirait que cela leur aurait «écorché la bouche» de l’affirmer, alors qu’il s’agit non seulement d’une présomption parfaitement logique, mais aussi du résultat des premiers constats sur l’affaire. Au lieu de quoi, ces imposteurs laissent prospérer, à l’instar d’un certain responsable de parti politique qui a manifestement leurs faveurs, l’affreux doute qui donne place à la possibilité alternative, exprimée par conséquent entre les lignes: le massacre serait probablement (forcément ?) l’œuvre des Forces de défense et de sécurité !
Franchement, il y a dans la vie d’une nation des moments d’une gravité exceptionnelle, qui appellent chacun et tous à la retenue, surtout quand on n’a rien à dire d’intéressant. Pour la gouverne des mouches des cadavres qui veulent profiter des morts de Kumba pour jouer la même partition de positionnement, cela a un nom : indécence.

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