Dieunedort Kamdem prédit que Cabral Libii succédera à Paul Biya

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« Le meilleur candidat sera Cabral Libii. » La phrase du pasteur Dieunedort Kamdem, lâchée ce dimanche sur le plateau d’Obama Time sur Actualité 1, a de quoi faire tiquer plus d’un confrère. Convoquant Ahmadou Ahidjo, il assure que Paul Biya finira lui aussi par quitter le pouvoir, et que le pays le regrettera. Une prophétie politique qui ne manque pas d’ambition.

Une prédiction qui mélange nostalgie et pronostic

Kamdem construit son propos en deux temps. D’abord un parallèle avec Ahidjo, parti du pouvoir en 1982 après avoir dirigé le pays pendant plus de vingt ans. Ensuite une projection sur l’après-Biya, avec un nom qui sort du lot : Cabral Libii.

Le pasteur va plus loin. Il affirme que d’ici cinq ans, le Cameroun sera l’un des meilleurs pays d’Afrique. Franchement, l’affirmation est du genre qu’on n’entend pas tous les jours sur un plateau de télévision, surtout venant d’un homme d’église plutôt que d’un analyste politique.

Le choix de Cabral Libii n’est pas anodin. Président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale, il a terminé troisième à la présidentielle du 12 octobre 2025 avec 3,41% des voix, loin derrière Paul Biya, réélu avec 53,66% selon le Conseil constitutionnel, et Issa Tchiroma Bakary, deuxième avec 35,19%.

Un score modeste. Mais suffisant pour le maintenir dans le paysage politique, aux côtés de figures plus installées de l’opposition.

Un pari risqué sur l’avenir politique du pays

Prédire la succession de Paul Biya reste un exercice périlleux au Cameroun, un pays où la question du après-Biya reste largement taboue dans les discours publics. Personne ne s’y est vraiment opposé sur le plateau, ce qui en dit long sur la manière dont ce genre de sortie est aujourd’hui tolérée, voire banalisée dans certains médias.

Cabral Libii multiplie depuis la présidentielle les tournées à travers le pays. Il prépare son parti pour les municipales et les législatives à venir, avec l’ambition affichée de consolider son implantation locale avant une prochaine échéance nationale.

Reste que 3,41% des voix, ce n’est pas franchement une rampe de lancement évidente vers la magistrature suprême. Difficile de ne pas y voir une projection plus spirituelle que politique, portée par la conviction du pasteur plutôt que par les chiffres électoraux. On ne sait pas encore si cette sortie médiatique aura un quelconque écho dans les urnes.

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✍️ À propos de l'auteur
Christiane Tamoura Engo
Christiane Tamoura Engo

Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.

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