Journée des personnes âgées : Mimétala célèbre les seniors camerounais

Personnes âgées – célébration et hommage aux seniors camerounais

Des centenaires qui reçoivent leur certificat de naissance pour la première fois de leur vie. C’est l’image qui restera de cette 36e Journée internationale des personnes âgées, célébrée hier à Mimétala, dans la Mefou-et-Afamba. Membres du gouvernement, autorités religieuses et pensionnaires se sont retrouvés autour d’un message simple, respect et reconnaissance, dans une cour transformée en lieu de mémoire collective.

Une cérémonie entre solennité et émotion

La cour de la Communauté de Nazareth a servi de cadre à une célébration sobre mais riche en émotions. La cérémonie était présidée par la ministre des Affaires sociales, Pauline Irène Nguéné, en présence du ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa. L’ouverture officielle a été marquée par l’exécution de l’hymne national par l’Office national des anciens combattants, anciens militaires et victimes de guerre (Onacam).

Ce moment solennel a été suivi avec attention par les participants, avant le début des différentes prises de parole. Régine Cyrille Ngono Bounoungou, mère générale de la Communauté de Nazareth, a exprimé sa gratitude envers la congrégation. Elle a évoqué « une joie indescriptible d’accueillir les autorités » et a rappelé que « vivre plus longtemps est une grâce, à condition de garantir santé, la sécurité et la dignité ».

Paulette Metang, présidente exécutive de l’Association camerounaise pour la prise en charge des personnes âgées, a insisté sur la défense de leurs droits. « La longévité n’est pas un poids, elle est une ressource », a-t-elle déclaré. Difficile de ne pas y voir un plaidoyer assumé pour une meilleure protection des personnes âgées et pour leur implication dans les décisions qui les concernent, notamment au niveau international.

Un projet de loi en préparation

Dans la même dynamique, le ministre Pauline Irène Nguéné a salué le rôle important des aînés dans la société. « La personne âgée demeure au cœur de notre solidarité », a-t-elle affirmé. Elle a rappelé les actions du gouvernement pour améliorer leur prise en charge et encourager une vieillesse active.

« Au terme de cette Semaine nationale des seniors, nous pouvons nous réjouir de la forte mobilisation observée autour des personnes âgées », a-t-elle expliqué. « Cette dynamique nous rappelle la nécessité de repenser notre système de prise en charge afin de mieux les accompagner, de les valoriser et de leur assurer une place digne dans la société. » Le gouvernement, selon elle, est pleinement engagé à renforcer l’autonomisation des personnes âgées.

C’est dans cette perspective qu’un projet de loi portant sur la promotion et la protection des personnes âgées a été élaboré et validé, dans une approche intersectorielle. Ce texte vise à prévenir les situations de vulnérabilité et à apporter des réponses concrètes aux difficultés rencontrées au quotidien. Paulette Metang va plus loin. « Il existe encore des insuffisances dans la prise en compte des droits des personnes âgées, d’où la nécessité d’un instrument spécifique pour mieux les protéger », insiste-t-elle.

Pendant plus de quatorze ans, son association a collaboré avec le groupe de travail des Nations unies sur le vieillissement afin de faire reconnaître les insuffisances dans l’application des instruments existants. Le chiffre fait mal, franchement, quand on sait depuis combien de temps cette bataille dure sur le papier sans traduction concrète.

Le bonheur d’être aimé, un exemple qui parle

À 80 ans passés, Sara Njock vit peut-être ses plus beaux jours. Dans sa petite maison du quartier Nsam, à Yaoundé, le temps a une autre rythme. Tous les matins, à l’aube, elle enfile ses baskets pour aller à sa salle de sport. Pas pour épater qui que ce soit, juste pour elle-même.

Mama Sara a une trentaine de petits-fils. Une armée d’amour, disons. Certains ont même choisi de quitter la maison familiale pour venir vivre avec leur grand-mère. « Grand-mère nous donne tout ce qu’on veut, elle ne gronde jamais », confie l’un des petits-fils de 14 ans, en grignotant un beignet qu’elle vient de lui glisser en cachette.

Chez Mama Sara, il n’y a pas de couvre-feu. Il y a des histoires, du Mbombo en préparation, et une organisation huilée par le cœur. L’un des petits-fils gère le repas du mois, l’autre le salaire de la ménagère, un autre encore les médicaments. Tout arrive avant même qu’elle ne le demande. « C’est ma mère. Je le fais avec plaisir », dit-elle, une phrase toute simple qui dit tout.

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✍️ À propos de l'auteur
Alain-Claude Ndom
Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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