Journée du journaliste : le métier face à sa crise d’intégrité

Journée du journaliste – intégrité de l'information en question

La Journée internationale de l’accès universel à l’information tombe mal cette année au Cameroun. Quatre « journalistes » se sont retrouvés dans un commissariat la semaine passée, soupçonnés de vol et de tenter d’extorquer de l’argent sous couvert de questions professionnelles. « Franchement, on ne peut plus distinguer qui fait du vrai journalisme de qui fait du chantage déguisé », lâcherait n’importe quel confrère en salle de rédaction.

Un métier gangrené par ses propres dérives

Le phénomène du « gombo » et du « journalisme du Hilton » n’est plus un secret de polichinelle dans la profession. Ces pratiques, qui consistent à monnayer sa présence ou son silence lors d’événements, rongent la crédibilité du métier depuis des années. Le thème retenu pour l’édition 2026, « Préserver l’intégrité de l’information à l’ère du numérique », tombe donc à pic.

Le paysage médiatique camerounais porte les plaies de sa diversité mal maîtrisée. Quand on a grillé ses cartes dans les amphis, on devient journaliste par défaut. Sans formation sérieuse en déontologie, sans réel apprentissage des rouages du métier.

Ça pose question sur la manière dont la profession se régule elle-même.

La confiance du public s’effrite

Le public camerounais s’est éloigné petit à petit des journalistes parce qu’il sent que l’information de qualité n’est plus toujours le but recherché. Certains confrères enfilent le costume de journaliste pour d’autres raisons que l’envie de produire une information complète et vérifiée. Les récits sur ces « journalistes » interpellés n’ont laissé au public aucun détail clair, ce qui nourrit encore plus la confusion ambiante.

C’est un signal qui devrait alarmer toute une corporation. Difficile de ne pas y voir un aveu collectif d’un problème que la profession refuse de traiter frontalement. Le reporter, pour être respecté, doit d’abord respecter les sujets qu’il couvre, tous les événements, du lundi au vendredi, et non juste quand ça l’arrange.

Comment redonner confiance à un public qui a vu passer trop d’arnaqueurs déguisés en reporters ?

Le journalisme ne doit pas disparaître au profit du buzz ou du chantage. La vraie question reste de savoir qui, dans la profession, acceptera enfin de faire le ménage.

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✍️ À propos de l'auteur
Alain-Claude Ndom
Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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