Jakiri sous emprise sécessionniste ? Des combattants vident une église sans réaction des autorités

Jakiri

De troublantes images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des combattants armés vider de force une église en plein centre de Jakiri, dans le Nord-Ouest anglophone. Pendant 30 minutes, aucune intervention des forces de sécurité face à cette paralysie inquiétante des autorités. Reportage dans une zone grisou.

La scène est aussi hallucinante qu’inquiétante. Le 11 février dernier, des vidéos montrent des hommes armés pénétrer dans une église à Jakiri et intimer aux fidèles de déguerpir immédiatement, sous peine d’être abattus.

Une église prise pour cible en plein coeur de la ville

Pendant de longues minutes, la vingtaine de combattants rasaient l’édifice religieux, menaçant de tuer « quiconque sera aperçu aux festivités de la fête de la Jeunesse ». Ni vu ni connu, aucune réaction des autorités face à cette paralysie et à l’évacuation de l’église en plein centre-ville.

Un activisme séparatiste de plus en plus décomplexé ? Possible. Car peu après, une autre vidéo a filmé ce même groupe armé, défilant armes à la main sur la place des fêtes de Jakiri, insolitement déserte.

Où sont les autorités et les forces de sécurité ?

De quoi susciter de vives interrogations sur le vide sécuritaire dans cette zone troublée depuis 5 ans par le conflit anglophone. Mais où est donc passé le sous-préfet de l’arrondissement de Jakiri pour tolérer une telle « invasion » ? Et les forces de défense, aux abonnés absents elles aussi ?

Ces images posent en creux la question du contrôle supposé de certaines localités par Yaoundé. L’étau séparatiste semble en effet se resserrer autour de Jakiri et ses environs, dont témoignent la désertion des bureaux et commerces le « Ghost Town Day » chaque lundi.

La peur a changé de camp à Jakiri

Un activiste local interrogé sous anonymat résume la situation : « A Jakiri, les combattants sécessionnistes font régulièrement irruption pour des actions éclair afin d’instaurer un climat de terreur ». Et de déplorer que « la peur a changé de camp« : « Ce sont les civils et les rares représentants de l’Etat qui se terrent, de peur des représailles ».

Une emprise qui, à défaut d’être totale, semble donc parties étendues de cet arrondissement, en dépit des communiqués officiels un rien fantaisistes…A l’approche du scrutin présidentiel de 2025, le pouvoir a-t-il encore Jakiri en main ? Rien n’est moins sûr au vu de ces images aussi fugaces qu’inquiétantes.

Par Jean-Fiston MALAM pour 237online.com

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