Incident de Ngarbuh: Le Cameroun clarifie la situation

Joseph BETI ASSOMO et René Emmanuel SADI

Pour les ministres Joseph BETI ASSOMO et René Emmanuel SADI respectivement en charge de la défense et de la Communication, le drame qui s’est produit le 15 février dernier dans la localité de Ngarbuh, région du Nord-Ouest, est le résultat d’une opération de reconnaissance de l’armée dans une base logistique de milices séparatistes.

Le 14 février 2020, il y a eu mort d’hommes au village Ngarbuh, arrondissement de Ndu, département du Donga-Mantung, dans la région du Nord-Ouest Cameroun. Suite à cette tragédie, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a tôt fait de dresser un bilan de 22 personnes tombées sur le champ, dont 14 enfants ; lequel bilan s’est répandu comme une trainée de poudre dans l’espace médiatique. Selon l’organisation que dirige Antonio GUTIERREZ, l’armée serait responsable de ce drame : «Le Secrétaire général appelle les parties armées à s’abstenir de toute attaque contre les civils et à respecter le droit humanitaire international et des droits de l’homme», a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l’ONU.

Version des faits du MINDEF

En réaction dans un communiqué signé le 17 février dernier de Joseph BETI ASSOMO, le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense (MINDEF) «dément formellement ces allégations» qu’il qualifie de «photographies». Contrairement aux accusations dont l’armée a été victime sur cette affaire, le MINDEF précise que «5 victimes dont une femme et quatre enfants» sont tombées des suites d’un incendie survenu au cours d’un affrontement entre les forces de l’ordre et les séparatistes. A en croire le communiqué radio-presse du MINDEF, «la riposte s’est soldée par la neutralisation de sept séparatistes et bandits».
Par ailleurs, «au cours des accrochages, un incendie s’est déclaré dans la fortification des terroristes installée dans la même habitation, provoquant des explosions avant de se propager aux habitations voisines», explique le communiqué du ministre de la Défense. Précisions faites, «le ministre de la Défense se réserve désormais le droit de poursuivre devant les juridictions compétentes les auteurs de fausses nouvelles à son endroit, conformément à la loi».

Allégations

Clarifier et condamner avec fermeté les allégations mensongères contre les forces de défense et de sécurité, suite à l’incident de Ngarbuh, région du Nord-Ouest. Tel est l’objet du point de presse donné ce mardi, 18 février 2020 par le ministre de la Communication (MINCOM) qui est resté sur la même ligne de défense que son collègue de la Défense en affirmant que le drame s’est produit au cours d’une opération de reconnaissance de l’armée dans une base logistiques de milices séparatistes.
René Emmanuel SADI parle d’«allégations sans fondement orchestrées par certains activistes politiques et médias internationaux» qui sont loin de refléter la réalité. Pour le MINCOM, ces acteurs et certaines ONG se livrent à tels agissements sous les étiquettes des défenseurs des droits de l’homme.

Bilan macabre

Contrairement à ce qui a été relayé sur les réseaux sociaux, René Emmanuel SADI est formel : «Il n’y a pas eu vingt-deux villageois, dont quatorze enfants, tués par les Forces camerounaises de défense et de sécurité à Ngarbuh», mais cinq victimes dont quatre enfants et une femme.
Poursuivant dans sa version des faits, le porte-parole du gouvernement indique que, grâce à leur professionnalisme, les Forces nationales de défense et de sécurité ont réussi à prendre le contrôle et à sécuriser le nœud routier de Ntumbaw, voie de passage de tous les trafics illicites qui inondent le département du Bui, dans la région du Nord-Ouest. Notamment, certaines villes de cet arrondissement que sont : Elak, Oku, Jakiri, Kumbo, Mbiame, Nkum et Nkor.

En effet, enchaîne-t-il, les bandes armées qui sévissaient dans cette zone, semant la terreur et la désolation auprès des populations, ont trouvé refuge dans un hameau périphérique dénommé Ngarbuh pour y installer leur base arrière, et réorganiser le racket des usagers, tout en perpétrant des exactions innommables sur l’axe menant à Ntumbaw. Craignant pour leur vie, les populations de Ngarbuh alertent les Forces de défense et de sécurité, le samedi 15 février 2020, lesquelles se sont alors déployées sur place, en opération de reconnaissance.

Incendie

«Dans le vif de l’action, et non loin du repère choisi par les rebelles sécessionnistes comme espace logistique de stockage des marchandises illicites, d’armements et de munitions de divers calibres, ainsi que des produits frelatés de contrebande, des stupéfiants et des amulettes, les éléments de nos Forces de défense ont été violemment pris à partie par un groupe d’individus lourdement armés», relate le MINCOM. La riposte professionnelle de six éléments des forces légales a permis de neutraliser sept assaillants et mettre en déroute d’autres membres du groupe sécessionniste.
Lors des accrochages, un incendie s’est déclaré dans un refuge fortifié qui contenait des explosifs et des produits inflammables stockés par les rebelles armés. Et c’est alors que des explosions, puis des langues de feu se sont propagées jusqu’aux habitations voisines, ce qui a causé le décès de quatre enfants et une femme. D’où les condoléances du Chef de l’Etat aux familles des victimes et à toutes les populations de Ngarbuh.
D’ailleurs apprend-on, sur très hautes directives du président de la République, une enquête est déjà ouverte en vue des clarifications approfondies de tous les aspects liés à cet incident.

L’appel pour un retour à la paix

«Le gouvernement camerounais en appelle particulièrement à la vigilance de la communauté internationale, au regard du flux des fausses informations diffusées de façon pernicieuse à travers les mass médias classiques et cybernétiques, dans le but de nuire au Cameroun», a fait savoir René Emmanuel SADI. Avant de lancer un vibrant appel à tous, afin que tout soit mis en œuvre, non pour attiser les tensions comme le font certains, mais pour soutenir sans réserve, tout ce qui peut concourir au retour à la paix, à la vie normale et à la consolidation du vivre ensemble dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

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