Sur invitation de son homologue camerounais, le chef de l’Etat tchadien entame une visite d’amitié et de travail de quelques heures ce jour à Yaoundé. Au menu des échanges avec Paul Biya : la lutte contre la secte islamique Boko Haram et le recadrage des relations entre les deux pays. [pagebreak]Un communiqué du cabinet civil de la présidence de la République, rendu public hier en mi-journée, annonce l’arrivée d’Idriss Deby Itno aujourd’hui à Yaoundé. Le communiqué reste très peu disert sur les raisons de ce voyage. Tout juste, il apprend que c’est une «visite d’amitié et de travail».
Mais, selon des sources internes au Palais de l’unité, le séjour du chef de l’Etat tchadien en terres camerounaises est en quelque sorte, la suite du sommet de Paris pour la sécurité au Nigeria, tenu le 17 mai. En rappel, à l’issue de ces assises, le communiqué rendu public par l’Élysée indique : « Pour lutter contre la menace créée par Boko Haram… le Nigeria et ses voisins décident immédiatement de: mettre en place une cellule de fusion du renseignement…
Instituer une équipe dédiée qui identifiera les moyens à mettre en œuvre et élaborera dans un second temps une stratégie régionale de lutte contre le terrorisme, dans le cadre de la Commission du Bassin du Lac Tchad… » C’est donc, dans le cadre de la mise en application de ces résolutions, que les présidents camerounais et tchadien ont décidé de se concerter, apprend-on. Plus que jamais, ils sont déterminés à mettre un terme aux exactions de la nébuleuse nigériane. D’ailleurs, Idriss Déby Itno annonçait à Paris : « Le Tchad qui partage une frontière et des populations communes avec le Nigeria, est disposé à contribuer à l’effort collectif visant à lutter contre le radicalisme et le terrorisme qui menacent de déstabiliser non seulement le Nigeria, mais également les pays de la sous-région ». Et, au lendemain du sommet, Paul Biya a officiellement déclaré la guerre à Boko Haram.
Bisbilles.
Seulement, une action concertée entre les différents États concernés par la menace terroriste de Boko Haram, ne peut avoir des résultats positifs que si une certaine harmonie prévaut entre eux. Or, aux yeux d’une certaine opinion, les nuages seraient sombres depuis un moment entre le Cameroun et le Tchad. Il se murmure dans certains états-majors que, Idriss Deby Itno aurait déclaré : « Si Paul Biya s’amuse, je le vire ». Même si, ceux qui relaient cette assertion reconnaissent qu’elle n’a jamais été rendue publique, ils affirment que le chef de l’exécutif tchadien l’aurait bel et bien dit au cours d’un sommet sur la sécurité en Centrafrique tenu en France. Et, depuis lors, cette « supposée sortie » fait des gorges chaudes dans les chaumières et salons huppés de la République.
« Elle serait même de nature à jeter du discrédit sur les relations entre les deux pays, voire créer des incidents diplomatiques», confie un observateur averti de la scène politique camerounaise. De ce fait, l’arrivée d’Idriss Déby Itno au Cameroun, est diversement interprétée. Pour les tenants de la thèse selon laquelle le Général Zagawa veut faire débarquer « L’homme du 6 Novembre », les deux pourraient bien s’expliquer sur le sujet lors de leur tête-à-tête. Mais, selon des informations parvenues à La Météo, ce point n’est nullement inscrit à l’ordre du jour et ne saurait faire l’objet d’un débat. Car, affirme notre source : « Idriss Déby n’a jamais nulle part tenu de tels propos». Notre source poursuit : « S’il l’aurait dit, le chef de l’Etat (Paul Biya, ndlr) l’aurait su.
Pourtant, vous avez bien vu à Paris samedi dernier, c’était la convivialité et la sincérité entre ces deux hommes qui s’apprécient mutuellement. Et à chaque fois, ils ont des échanges francs, relayés par la presse internationale. D’ailleurs, c’est Paul Biya qui a invité Idriss Déby Itno pour qu’ensemble, ils peaufinent une stratégie commune pour combattre Boko Haram. » Et de conclure : « Il est regrettable que des gens prennent leur désir pour la réalité et se mettent à divulguer des inepties ô combien dangereuses. L’arrivée d’Idriss Déby est un démenti formel à ces racontars.
En acceptant cette invitation, il démontre à suffire qu’il n’a rien à se reprocher et qu’il n’a aucun problème avec le président Biya. D’ailleurs, vous verrez que l’accueil à lui réservé à Yaoundé sera comme par le passé, des plus chaleureux», conclut-il.





