Cameroun – Haute-Sanaga : piégées entre deux barrages, des villages crient justice

Barrage Lom Pangar Haute-Sanaga – des villageois piégés entre deux ouvrages hydroélectriques réclament réparations à Yaoundé.

Des familles entières piégées entre deux chantiers de barrages, sans compensation, sans étude d’impact sérieuse. Dans la Haute-Sanaga, les riverains du fleuve Sanaga subissent depuis des années les conséquences des barrages de Nachtigal et Lom Pangar sur leur quotidien. Terres inondées, sources d’eau taries, accès aux champs coupés. Un plaidoyer porté par Dypadec et Sylad a été présenté à Yaoundé. Mais qui entend vraiment ces populations oubliées ?

C’est un drame annoncé. Les communautés riveraines du fleuve Sanaga, coincées entre les deux ouvrages hydroélectriques, voient leur quotidien se dégrader sans recours. Terres agricoles inondées, sources d’eau perturbées, accès aux champs devenus impossibles. Un pêcheur du village Nangmaa, André Ndombe, témoigne sans détour : « J’ai perdu mes deux petits-fils à cause des erreurs de Lom Pangar. Il y a 3 ans, les barrages de sable ont cédé. Ils sont tombés dans les profondeurs. »

Une étude d’impact réclamée depuis des années

Portée par Dynamique Participative pour le Développement (Dypadec) et Synergie locale d’appui au développement (Sylad), la mobilisation des communautés a abouti à une conférence de presse à Yaoundé. Les populations réclament l’intégration de leurs priorités dans toute étude d’impact environnemental — comme l’exige pourtant la Banque Européenne d’Investissement, cofinanceur du barrage de Lom Pangar.

Elsa Nganang Mbatomé, cultivatrice, résume l’urgence : « Avoir des moyens qui nous permettent d’ouvrir d’autres horizons. » Selon les chiffres de l’étude en cours, des milliers de ménages sont directement affectés, sans filet de sécurité ni programme de reconversion documenté.

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