Goodluck Jonathan dote le Nigeria de l’énergie nucléaire

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Ce contrat de quatre centrales nucléaires, que le président sortant vient de signer avec la Russie, a des allures de patates chaudes dans les mains de Barack Obama.Malgré sa défaite à l’élection présidentielle du 28 mars dernier, Goodluck Jonathan Ebele signe certainement le coup le plus fumant de sa carrière d’homme d’Etat. Le président sortant de la République fédérale du Nigeria, en attendant de passer la main le mois prochain, vient de faire entrer le Nigeria dans le club très serré des puissances nucléaires. Le Nigeria vient en effet de signer un accord avec la Russie pour la construction de quatre centrales nucléaires d’ici à 2035. Les quatre centrales nucléaires, qui seront construites par Rosatom pour un coût de 80 milliards de dollars, auront une capacité totale de 4800 mégawatts. Au point où nous en sommes, la production dʹélectricité du Nigeria est dʹenviron 3 800 mégawatts. Rosatom détiendra la majorité des actions dans les installations nucléaires du Nigeria. Tandis que le reste des actions sera détenu par lʹEtat. Il reste encore à préciser dans le contrat les rôles exacts de chaque partenaire.
Autant parler d’un vieux rêve qui se réalise enfin. En 2004 en effet, Abuja entre en pourparler avec le Pakistan pour bénéficier d’une assistance militaire qui inclue l’énergie nucléaire. Là, George Bush pèse de tout son poids pour que cette entente échoue. Mais Georges Bush part du pouvoir quand l’Iran offre son aide pour doter le Nigeria de l’énergie atomique, afin que le géant africain pallie ses pénuries chroniques d’électricité. Et ce n’est personne d’autre que Goodluck Jonathan Ebele, alors vice‐président sous Yar’Adua, qui pilote le dossier du nucléaire nigériano‐iranien. Quoique devenu président après le décès de Yar’Adua, Goodluck Jonathan Ebele ne lâche pas le dossier du nucléaire. Barack Obama, arrivé entre temps à la Maison Blanche, fait venir chez lui par deux fois le nigérian pour lui demander de se détourner de l’Iran et de toute ambition nucléaire. Goodluck
Jonathan s’est‐il jamais laissé impressionner par les intimidations de Washington? Le pont que Washington établi avec l’opposition nigériane ces dernières années est peut‐être la preuve que les deux chefs d’Etat ont toujours mené un dialogue de sourds?
Quoi qu’il en soit, le contrat de quatre centrales nucléaires, que le Nigeria vient de signer avec la Russie, a des allures de patates chaudes pour Barack Obama, qui essuie actuellement des critiques de la droite américaine. Celle‐ci l’accuse de mollesse envers l’Iran ans sa course à l’arme atomique. Et si Téhéran avait voulu partage le plat de vengeance de Goodluck Jonathan? A en croire en tout cas une information publiée dans le Times of Israel et reprise par plusieurs sites américains, le général brigadier des forces terrestres iraniennes, Ahmad‐Reza Poudastan, qui donnait une conférence à l’université de Teheran, accuse les Etats‐Unis d’être les architectes de Boko Haram et d’autres mouvements terroristes islamiques tels l’Etat Islamique et al‐Nusrah, qui brillent ces derniers temps à déstabiliser la paix dans plusieurs régions du monde.
Raison? «Nuire à lʹIslam et renforcer la sécurité dʹIsraël», a déclaré Pourdastan, devant le micro de l’agence iranienne de nouvelles, avant de poursuivre: «C’est la stratégie américaine de liguer la religion contre la religion, afin de nuire l’image divine de lʹIslam». Une semaine avant cette sortie de Pourdastan, c’est Ali Akbar Velayati, un conseiller très écouté du Guide Suprême Ayatollah Ali Khamenei qui parlait «des protégés des américains», en indexant Boko Haram et consorts.

Celestin Ngoa Balla à New York

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