Filières agricoles : Pluie de projets, moisson limitée

Au Cameroun la révolution verte est toujours attendue. Le pays attend toujours de retrouver la ferveur pour les travaux de la terre qui, il y a quelques années, ont maintenu son autosuffisance alimentaire. Aujourd??hui, même si les Camerounais ne meurent pas de faim, la production agricole nationale reste des plus modestes. Tant et si bien que dans bien des cas, maïs, riz ou palmier à huile, on est bien souvent obligé d??avoir recours à des importations pour satisfaire la demande locale. Les Camerounais ont-ils tourné le dos à la terre ? La question mérite d??être posée. En effet, si l??on en juge par le massif exode rural observé et les fortes

concentrations des populations dans les villes, on peut penser que le travail de la terre ne fait plus courir. Faut-il alors croire qu??à moyen ou long terme, le peuple va mourir de famine ou que pour maintenir son autosuffisance alimentaire, le Cameroun va devoir dépendre de l??extérieur ? A la vérité, tout en accusant le coup du manque d??intérêt sans cesse croissant au cours des dernières années des populations pour les activités agricoles, tout fatalisme est à proscrire. Du reste, après le mirage qu??a constitué pendant longtemps la ville, la crise économique et la difficulté pour de nombreuses personnes à survivre dans les zones urbaines, le village et la terre sont un exutoire, voire la bouée de sauvetage ! De plus en plus les flux de l??exode rural se stabilisent. Et en ce qui concerne l??activité agricole, les pouvoirs publics à travers le ministère de l??Agriculture et du Développement rural font ce qu??ils peuvent pour que les jeunes notamment se retroussent les manches. En tout cas, si l??on en juge par la multitude des projets agricoles financés, il n?? y a pas lieu de désespérer. Mais quid des résultats des projets ? Passé le stade de leur mise en route, leur efficacité demeure mitigée. Palmiers à huile, riz, maïs, oignons, tubercules etc. aucun secteur n??est occulté. Toujours est-il que globalement la production demeure de l??avis même des acteurs, insuffisante pour couvrir l??ensemble des besoins. Par ailleurs, la plupart des efforts faits par les pouvoirs publics sont dilués par un déficit de communication et d??information en direction du grand public. Et cet état des choses n??est pas toujours de nature à susciter l??intérêt et constituer un facteur motivant. Au demeurant, d??une façon générale, il est question d??aboutir à un rajeunissement et à la modernisation des exploitations agricoles, ainsi qu??à la réduction du chômage des jeunes. Concrètement, il faut engager les jeunes singulièrement, vers des systèmes de production modernes. Dans le même ordre d??idées, il est question d??identifier clairement les secteurs porteurs et les zones présentant un fort potentiel de production. Pour couronner le tout, les nouvelles exploitations doivent pouvoir trouver des débouchés pour les produits. Hélas à ce jour, on est tout de même loin du compte. Le système D. a toujours la cote. La production agricole reste modeste. Les bonnes recettes du passé, culture sur de petites surfaces, agriculture manuelle etc. dominent encore. Pourtant il faut que cela change.

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