Politique

Fermeture des écoles à Douala : Lenguè Malapa recadre le préfet du Wouri

Le maire affirme que la récente tentative du préfet du Wouri à vouloir annuler sa décision est une « tempête dans un verre d’eau ».

Affirmant que conformément à la loi il a le droit de procéder à la fermeture des écoles sur sa circonscription communale, le maire de Douala 1er affirme que la récente tentative du préfet du Wouri à vouloir annuler sa décision, est une « tempête dans un verre d’eau ». C’est à ce qu’on peut qualifier de « guerre épistolaire », que l’on assiste depuis le 1er mars dernier entre le maire de l’arrondissement de Douala 1er et le préfet du Wouri. Dans une volonté de donner chacun à son tour des « cours de droit public » sur le chapitre consacré à la décentralisation, avec en relief le problème de la compétence de l’autorité chargée de la fermeture des écoles dans un arrondissement donné, on en a vu, lu et entendu plusieurs arguments. Comment sont-ils en arrivés là ? L’affaire remonte au 1er mars 2021, lorsque le maire de Douala 1er, Lenguè Malapa décide de la fermeture de sept écoles maternelles de sa circonscription communale pour limiter la propagation du coronavirus parce que ces écoles selon lui, sont des « foyers de contamination ». Mais le 02 mars 2021, le préfet du Wouri, Benjamin Mboutou a fait une sortie dans laquelle il a rapporté ladite décision au motif que l’acte du maire porte atteinte à la cohésion nationale et qu’il était incompétent pour le faire conformément à l’article 39 (a) de la loi no 2019/024 du 24 décembre 2019 portant Code général des Collectivités territoriales décentralisées.

Le préfet du Wouri va être soutenu par le délégué régional de l’Education de base pour le Littoral qui jugera que la décision du maire est hâtive, non concertée et inappropriée. En réponse à ces derniers, Lenguè Malapa a publié une note d’information hier, 04 mars 2021 dans laquelle il souligne que « ces notes querellées avaient pour finalité, la fermeture momentanée des écoles maternelles de la mairie de Douala 1er afin de procéder à la désinfection des dites écoles suite au constat de certains symptômes présentés par certains enfants ». Il poursuit que le rapport présenté par la coordination, sur la plupart des sept (07) écoles maternelles municipales bilingues, « propriété et patrimoine de notre mairie » depuis 1990 et dont la gestion est complètement assurée par « nos soins à travers le service des affaires générales de la Commune d’arrondissement de Douala 1er (Cad 1er) », fait état d’un fort taux d’absentéisme pour cause de maladie ; la grippe en général et autres fièvre et toux persistantes sont observées. Se basant sur la règlementation en vigueur, notamment les articles 75, 161, voire l’article 223 du Code général des Collectivités territoriales décentralisées, il a donc décidé de procéder à la fermeture temporaire de ces écoles.

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Il estime donc que « ce mélange de genres qui en a suivi démontre, s’il en était encore besoin, de l’immixtion abusive d’une certaine administration dans la relation qu’elle devrait entretenir avec les Collectivités territoriales décentralisées » et qu’au regard de tout ce qui précède, l’ « on est en droit de s’interroger sur la partie qui souffre d’incompétence et créatrice de malaise social quand on constate la tempête dans un verre d’eau qu’elle a engendrée ». Il conclue que la Cad 1er, dont les mandats de l’exécutif actuel sont confirmés et renouvelés depuis 2007 par les forces vives et les populations de Douala 1er à la suite des élections municipales, « travaille dans la vitalité et la compétence qui lui sont reconnues » et « reste une commune citoyenne et républicaine dans ce sens que la décentralisation voulue par le chef de l’Etat soit effective et réelle dans son application ». Si la bataille épistolaire ne s’arrête pas là, on aura encore certainement dans les prochains jours, une nouvelle sortie épistolaire du préfet du Wouri pour battre en brèche la sortie du maire.

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Rostand TCHAMI

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