Les résidants de mini-cités ont observé un mouvement d??humeur hier, pour protester contre les sommations à libérer les chambres, dès lundi prochain. Réfection des mini-cités. Voilà en quels termes se pose le nouveau problème des logements estudiantins. Prétexte ! Scandent la plupart des résidants, qui refusent de libérer les lieux. Mais
certains bailleurs ont recouru à la justice, et des sommations à libérer sont distribuées dans les mini-cités « Fanya », « Concorde », « Helele » et « Nicolas ». Et pour la plupart, la date-butoir est fixée à lundi prochain. Le problème porté mercredi dernier au président de l??antenne locale de la brigade spéciale des loyers des logements d??étudiants de l??université de Yaoundé I, a été tranché en faveur de certains bailleurs, désireux de réfectionner leurs propriétés. D??où le mouvement d??humeur observé hier du ministère de l??Enseignement supérieur (Minesup) au rectorat de l??université de Yaoundé I. Hier donc, c??est autour de 8 h qu??une trentaine de résidants de mini-cités se sont réunis au Minesup, brandissant des pancartes aux messages divers : « Apprenons à appliquer les textes », « Depuis quand il y a des préavis. ??a fait 500 étudiants à la rue ». Ou encore, « L??été est lancé. Où voulez-vous qu??on aille ? ». A son arrivée autour de 9 h, le Pr. Jaques Fame Ndongo a écouté les manifestants et leur a suggéré de poser le problème d??abord à leur recteur, après quoi, il pourra s??en saisir s??ils ne trouvent pas satisfaction. Le petit groupe s??est alors déporté au rectorat, où d??autres de leurs camarades les ont rejoints. En attendant d??être reçus par le Pr. Oumarou Bouba, ces jeunes expliquent leur mécontentement : « Les bailleurs ont trouvé la formule de réfection juste pour nous mettre à la porte, parce qu??on insiste pour respecter la nouvelle grille de loyers », pense l??un. Un autre renchérit : « Il y a à peine un an qu??il y a eu des travaux dans notre cité. A dire vrai, il n??y a rien à refaire ». En l??absence du recteur, les manifestants ont été reçus par le directeur du Centre des ??uvres universitaires (DCOU), Bienvenu Nola, en présence du bailleur de la mini-cité « Concorde ». Selon le DCOU, « les textes autorisent les promoteurs des logements estudiantins à libérer les chambres au moins une fois dans l??année, pour effectuer des travaux d??entretien ». La preuve, toute la cité universitaire est vide depuis le 2 août dernier. Néanmoins, aux dires du Pr. Bienvenu Nola, ces libérations répondent à une procédure. Il s??agit entre autres des préavis de 30 jours et une garantie pour les résidants de réintégrer leurs chambres en priorité, au terme des travaux. Aux dires du DCOU, seul le promoteur de la « Concorde » a respecté cette procédure. Par conséquent, il annonce que les sommations des autres résidences sont suspendues. Face au doute des résidants de la « Concorde », leur bailleur rassure : « Tous les étudiants réglementaires retrouveront leur chambre ». En effet, les résidants ont l??obligation de remplir des fiches de réintégration prioritaire, qui intègrent la preuve qu??ils soient étudiants, notamment leur numéro de matricule. Ce que beaucoup ne semblent pas avoir.
Félicité BAHANE N., Cameroon Tribune
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