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Enseignement secondaire : Faut-il un encadrement psychologique ?

Face aux cas de suicides ou tentatives manquées, la question est au centre des débats. En apprenant le suicide de Yvan N. à Odza, après son échec au baccalauréat, un de ses anciens voisins à la Cité-Verte n??a pu s??empêcher d??exprimer son indignation. « J??ai raté le bac quatre fois et je ne me suis pas découragé. Je ne comprends pas qu??un jeune comme ça puisse se

donner la mort à son deuxième échec. D??autant que, d??après ce que j??ai cru comprendre, il était le premier de sa famille à atteindre un tel niveau d??étude ». Incompréhension ? Un sentiment qui a entouré les différents cas de suicides ou de tentatives avortées qui ont accompagné cette session 2009 des examens de l??office du bac. Au lycée de Mballa II, à Mvan, ou à Essos, au moins quatre candidats malheureux se sont donnés la mort, tandis que deux autres, échouaient dans leurs tentatives. Une situation qui entraîne forcément des interrogations quant à l??environnement autour de ces candidats, mais surtout la nécessité ou non d??introduire un encadrement psychologique dans les établissements scolaires. Pour le chef d??établissement de l??une des « victimes », la question ne s??est jamais vraiment posée. « Même culturellement, des pratiques comme le suicide ne sont pas dans nos m??urs, encore plus pour les plus jeunes qui ont encore toute la vie devant eux et ne supportent pas le poids de la pression quotidienne qu??ont les adultes, par exemple. C??est ce qui fait que l??idée d??un suivi psychologique n??a jamais vraiment été à l??ordre du jour. Il y a des conseillers d??orientation qui peuvent éventuellement suivre les problèmes spécifiques que leur posent les élèves, et le cas échéant nous alerter si l??un d??eux présente des troubles. Mais même dans ce cas de figure, nous saisissons plutôt les familles et c??est à eux de prendre les mesures qui s??imposent », explique ainsi le proviseur. Un son de cloche que les conseillers d??orientation, pour leur part, souhaitent nuancer. Pour Suzanne E., conseiller d??orientation depuis une quinzaine d??années, les aspects psychologiques de la préparation des examens sont négligés depuis trop longtemps dans l??Enseignement secondaire. « Le passage chez un conseiller d??orientation devrait être obligatoire pour les classes d??examen. Je ne dis pas que nous pouvons détecter les tendances suicidaires, mais par expérience le conseiller sait quel impact l??environnement du candidat peut avoir sur ses résultats, et sa façon de les accepter. Or, les établissements ne valorisent pas assez notre rôle. Et maintenant qu??on a eu une vague d??évènements malheureux, on se rend compte que c??est important ». Toujours est-il qu??avec l??alerte donnée cette année, va certainement amener les familles comme les personnels des établissements scolaires, à considérer davantage la question.
Eric ELOUGA, Cameroon Tribune

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