Doing business 2016: Le Cameroun dans le top 20 des économies les moins attractives

C’est la conséquence d’une chute de quatre places dans le classement des économies les plus compétitives au monde effectué par la Banque mondiale.
Dans son classement des économies compétitives à travers le monde, le groupe de la Banque mondiale, à travers le Doing Business 2016 (mesure de la réglementation des affaires), le Cameroun a de nouveau reculé. Cette fois, il a perdu jusqu’à quatre places, passant de la 168e position en 2015 à la 172e en 2016. C’est ce qu’on peut retenir de ce classement rendu public mercredi dernier et disponible sur le site internet de la Banque mondiale. Selon les experts, le recul du Cameroun de 04 places n’est pas du tout une bonne chose. « Car, il intègre désormais le top 20 des économies les moins favorables au développement des affaires », apprend-on des sources proches du Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam). Parmi les facteurs qui ont joué contre le Cameroun, figure en bonne place l’obtention de prêts. A ce sujet justement, l’on apprend que le pays des Lions indomptables a perdu huit (08) places, passant de 118e en 2015 à 128e en 2016.
Toute chose qui, selon plusieurs patrons interrogés, n’est pas du tout surprenant. Pour le président de l’organisation patronale « Entreprises du Cameroun », l’accès au financement demeure un exercice hyper difficile au Cameroun. « Les PME font parfois des mois d’attente dans les bureaux des banquiers aux fins d’obtenir un petit crédit, parfois à des taux d’intérêts prohibitifs, alors que les banques font pratiquement la cour aux grandes entreprises pour leur prêter de l’argent pour des taux de 2% », indique-t-il. Même s’il est vrai que le gouvernement s’est battu en ouvrant techniquement les portes de la BC-PME, depuis le 20 juillet 2015, il n’en demeure pas moins que le problème de l’accès facile au crédit n’est toujours pas résolu.
Autres points sur lesquels le Cameroun n’a pas fourni d’efforts, c’est bien le raccordement à l’électricité et les créations d’entreprises. Sur la question du raccordement à l’électricité, le Cameroun a perdu 03 places (de 110e en 2015 à 113e en 2016). Et à ce sujet, l’on se souvient que c’est ce gros problème qui a retardé l’opérationnalisation de la Cimenterie Dangoté sur les berges du Wouri à Douala. Longtemps annoncée (2013), c’est finalement en 2015 que l’entreprise a démarré la production de ses premiers sacs de ciment. Concernant la création d’entreprise, le pays de Roger Milla recule de 03 places (de 134e en 2015 à 137een 2016).
Toute chose qui remet en question les « efforts » tant annoncés par les ministères des PME (Minpmeesa) et de l’Economie (Minepat), permettant désormais de créer une entreprise au Cameroun « en 72heures ». En tout cas, selon le groupe de la Banque mondiale, ce n’est pas cette réalité qui se vit sur le terrain. Pour ce qui est du transfert de propriété, les opérateurs économiques travaillant au Cameroun avouent rencontrer toutes sortes de difficultés. Le président du Gicam, André Fotso, l’a rappelé lors de l’assemblée générale du groupement au moins de juin 2015, plaidant pour le déploiement de mesures courageuses et rapides ;
capables de mettre résolument le Cameroun sur le chemin de l’émergence. A ce niveau aussi, le Cameroun a reculé de deux places (du 173e rang en 2015 au 175e en 2016).
S’agissant de l’octroi du permis de construire et de la protection des investisseurs minoritaires, le Cameroun est légèrement descendu plus bas, en perdant respectivement une place. En reculant d’une place (du 158e rang en 2015 au 159e en 2016), le Cameroun vient, apprend-on, de prouver qu’obtenir le droit de construire n’est pas chose aisée. Malgré l’annonce du bouclage de la réforme foncière, l’an dernier par la ministre des Domaines, des affaires foncières et du cadastre (Mindcaf), Jacqueline Koung à Bessike, rien ne semble véritablement avancer.
S’agissant du paiement des impôts (pression fiscale), du commerce transfrontalier et de l’exécution des contrats, c’est sans changement. Le Cameroun n’a ni avancé, ni reculé. Le seul point sur lequel notre pays a gagné une place reste le règlement de l’insolvabilité. Une place de gagner (de 119e en 2015 à 118e en 2016). Cependant, alors que l’économie recule sur le plan de l’attractivité, plusieurs pays africains sortent progressivement la tête de l’eau.

Joseph Roland Djotié

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