Politique

Dérapages gouvernementaux : Jean De Dieu Momo, bouffon du gouvernement et multiplicateur de frasques

Ce ministre s’illustre par des sorties de nature à mettre en difficulté le gouvernement.

Au cours d’une communication gouvernementale faite ce 23 juin 2021, Marie Thérèse Abena, ministre de la Promotion de la femme et de la famille (Minproff) dénonce la chosification de la femme dans l’acte de banalisation des mœurs qui met aux prises le journaliste Martin Camus Mimb, un certain Wilfried Eteki et la jeune Malicka Bayemi en ces termes : «L’acte en lui-même est déjà ignoble. Le publier l’est encore plus. Il s’agit des faits réprimés par notre code pénal. Je saisis cette occasion pour dénoncer avec la dernière énergie de tels actes odieux et malsains qui chosifient la femme, en fait un objet sexuel dénué de toute valeur ». Avant de promettre « le soutien du gouvernement » aux victimes et aux familles.

La Minproff qui donnait une conférence de presse une semaine après les faits, alors que l’opinion condamnait déjà le silence du défenseur gouvernemental de la cause féminine, rompt ainsi radicalement avec la posture prise par un membre du gouvernement. En effet, Me Jean De Dieu Momo, le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, garde des sceaux, (Minjustice) qui est très présent sur facebook et n’hésite pas à prendre position sur les sujets d’actualité, même les plus délicats, avait soutenu Martin Camus Mimb dans ce qu’il qualifiait de complot contre le jeune auteur qui venait de lui faire une dédicace de son livre Debout. Se faisant le plaisir même d’animer les débats sur cette actualité qui défraie la chronique et secoue toute la république. Sans manifester une seule fois un intérêt pour la jeune fille dont la nudité a été exposée sur la toile. Lui dont le champ d’action est celui des droits de l’homme.

Quelques heures après la communication gouvernementale, Jean De Dieu Momo s’est rétracté. Dans une autre sortie partagée sur les réseaux sociaux, écrit : «Je retire tout ce que j’ai écrit dans cette affaire [Martin Camus Mimb, Ndlr] qui pourrait compromettre la moralité gouvernementale et renonce désormais à prendre position dans le genre d’affaire qui est sur la place publique et garderai désormais une parfaite neutralité axiologique à l’avenir ». Ainsi, l’ancien soutien de Martin Camus Mimb va au-delà de l’actuelle affaire pour promettre (enfin) d’observer l’obligation de réserve prescrite aux fonctionnaires et agents de l’Etat. Lui qui peine souvent à résister à la tentation de se confondre à l’homme de la rue qu’il était avant son entrée au gouvernement et qui lui donnait la liberté d’opinion sur tous les sujets.

On se souvient du premier incident que le « jeune » ministre avait causé, quelques mois seulement après son entrée au gouvernement en janvier 2019. Invité d’Actualité hebdo, une émission de la télévision nationale, le tout nouveau ministre délégué auprès du Minjustice, dans un élan anti-Kamto, s’était lancé dans une guerre contre les Bamiléké qu’il voyait comme des soutiens inconditionnels de Maurice Kamto. Le Bamiléké avait cru qu’en s’attaquant au Bamiléké, gagnerait en sympathie aux yeux de Paul Biya, le vainqueur de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, que Maurice Kamto contstait. Dans ce zèle anti-Kamto, l’homme avait cru devoir impunément s’en prendre à ses « frères de l’Ouest» qu’il conseillait « de ne pas suivre Kamto», aveuglé par la nouvelle pitance qui l’avait sorti de la traversée du désert, avait confondu d’adversaire et en empruntant maladroitement le couloir diplomatique, s’était mis à dos Israël.

Lindovi Ndjio

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