Le président Paul Biya a signé ce mardi 2 juin 2026 une série de trois décrets touchant des secteurs sensibles de l’État camerounais. Sont concernés le Conseil supérieur de la magistrature, le Programme de formation linguistique bilingue, et l’Université de Buea. Trois actes distincts, mais un même message : des nominations qui restructurent des institutions clés du pays.
Trois décrets, trois institutions dans le viseur
Premier acte : la recomposition du Conseil supérieur de la magistrature. Cet organe constitutionnel joue un rôle central dans la gestion des carrières des magistrats camerounais, des nominations aux sanctions disciplinaires. Le décret reconduit dix membres sur quatorze, leurs mandats étant expirés depuis environ un an. Quatre nouveaux visages font leur entrée, dont Goni Mariam, ancienne suppléante qui accède au rang de titulaire.
Deuxième acte : des nominations au sein du Programme de formation linguistique bilingue. Le Chef de l’État y nomme de nouveaux enseignants, un geste qui prolonge la politique nationale de bilinguisme dans un pays où la coexistence anglophone-francophone reste un sujet politiquement chargé. On ne connaît pas encore le nombre exact de postes pourvus ni les profils retenus.
Troisième acte. Le plus symbolique, peut-être.
Madame Ashutantang Gloria Enow, épouse Some, est nommée Pro-Chancellor de l’Université de Buea. Cette institution, créée dans les années 1990 pour répondre aux besoins du Cameroun anglophone, occupe une place particulière dans le paysage universitaire national. Porter ce titre, c’est présider le conseil de gouvernance de l’université, superviser sa stratégie et représenter l’institution dans ses relations extérieures. Une responsabilité lourde, dans une région où le contexte sécuritaire et social reste fragile.
Ce que ces nominations révèlent
Trois secteurs, trois logiques différentes. La magistrature, le bilinguisme, l’enseignement supérieur. Pourtant, une cohérence se dessine : Paul Biya choisit de consolider des institutions qui gèrent des équilibres sensibles, qu’ils soient judiciaires, linguistiques ou régionaux.
La nomination d’une femme à la tête du conseil de gouvernance de l’Université de Buea mérite d’être relevée. Les postes de cette nature restent rares pour les femmes dans l’enseignement supérieur camerounais. Est-ce un signal volontaire ? Rien ne le confirme officiellement, mais le choix ne passe pas inaperçu.
Quant au bilinguisme, son insertion dans une journée de décrets aux côtés d’institutions aussi importantes que la magistrature dit quelque chose sur la place que l’État entend lui donner. Symbolique ou structurelle, la question reste ouverte.
C’est un mouvement discret, mais dense.
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Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
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