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Crise de l’huile de palme au Cameroun : Mbarga Atangana convoque les acteurs

Partenariat public privé huile de palme

Le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana a réuni en urgence, ce mardi 2 juin 2026 à Yaoundé, les administrations publiques, la SOCAPALM et les acteurs de l’interprofession huile de palme. Le diagnostic est sévère : l’offre nationale est tombée sous les 10 000 tonnes, les cours mondiaux s’envolent, et les rayons commencent à se vider. Une réunion de crise qui débouche sur une feuille de route.

Ce que révèle la réunion d’urgence

L’offre nationale ne suit plus. Sous les 10 000 tonnes disponibles pour le marché intérieur, c’est un seuil critique que le secteur n’avait pas atteint depuis plusieurs années. La flambée des prix à l’international aggrave la situation : les opérateurs locaux sont tentés d’exporter plutôt que d’approvisionner le marché domestique, où les marges sont plus faibles.

Mais le problème ne s’arrête pas là.

La vente en vrac informelle a été pointée comme un facteur aggravant majeur. Des volumes considérables d’huile de palme échappent aux circuits officiels, privant l’État de recettes fiscales et faussant les données de disponibilité réelle sur le marché. On ne sait pas encore quelle proportion exacte du marché échappe ainsi aux statistiques officielles, mais les participants ont reconnu que le phénomène est massif.

Face à ce constat, les parties prenantes ont validé une réponse en deux temps. Court terme : des importations massives d’huile de palme pour couvrir le second semestre 2026. Moyen terme : la création de comités techniques chargés de réévaluer les capacités des opérateurs, de revoir la répartition de la valeur ajoutée dans la filière, et de relancer la production locale via de nouveaux partenariats.

Une filière sous pression structurelle

L’huile de palme, c’est une denrée du quotidien pour des millions de ménages camerounais. Derrière chaque litre vendu au marché de Mokolo à Yaoundé ou au marché central de Douala, il y a une chaîne de production qui tient, ou qui casse.

Et là, elle craque.

La SOCAPALM, principal acteur industriel de la filière, se retrouve au centre d’un système sous tension entre les exigences de rentabilité, la pression sur les prix à la consommation et les défaillances structurelles d’une production nationale insuffisamment modernisée depuis une vingtaine d’années.

Recourir aux importations est une réponse rapide, pas une solution. Le vrai test sera la capacité des comités techniques à produire des résultats concrets avant la fin de l’année, dans un secteur où les bonnes intentions ont souvent précédé les réformes oubliées.

C’est maintenant que ça se joue.

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✍️ À propos de l'auteur
Laurent Diby
Laurent Diby

Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.

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