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Source : MINSANTE Cameroun -
Mise à jour : 25 mai 2020
Société

Crise anglophone: Plus de 50 civils tués par l’armée dans le Noso

Les chiffres sont de l’Ong International Crisis Group qui vient de publier un rapport qui s’intéresse à la situation dans le Nord-ouest et le Sud-ouest pendant la période de février 2020.

Voilà une autre bombe qui va secouer le gouvernement, champion de la gouvernance par la défensive et la riposte ! A peine les plaies du massacre de Ngarbuh sont encore béantes qu’un autre procès contre l’Armée camerounaise atterrit en plein dans la gueule du régime. Joseph Beti Assomo et René Emmanuel Sadi, respectivement ministre de la Défense et de la Communication, vont à nouveau sortir l’artillerie lourde pour tenter de démonter cette nouvelle patate chaude à eux servis par International Crisis Group (Icg) qui vient de rendre public, un rapport sur le Cameroun. Habitué à battre systématiquement en brèche tous les rapports des organismes internationaux, le régime va à coup sûr, monter à nouveau au créneau pour crier à une tentative de déstabilisation du pays pompeusement présenté à la face du monde comme un îlot de paix. « Dans les régions anglophones, les militaires ont lancé des raids sur les communautés soupçonnées d’accueillir des séparatistes, qui ont fait plus de 50 morts parmi les civils», informe l’organisation non gouvernementale dans son rapport publié sur son site hier 4 mars 2020.

Selon ce rapport, « les militaires soutenus par la milice Fulani, le 14 février, auraient tué 23 civils dans le village de Ngarbuh », lit-on dans ledit rapport. « Le gouvernement déclare que ce malheureux accident est causé par une explosion lors d’affrontements avec des séparatistes alors que les Nations Unies, l’Union Européenne et les États-Unis ont demandé une enquête indépendante», précise l’Ong. International Crisis Group, écrit aussi dans cette note que les affrontements entre l’armée et les séparatistes du 3 au 5 février 2020 ont fait 5 morts à Bamali. Une localité du Nord-ouest Cameroun. «Dans le Sud-Ouest, les séparatistes ont ouvert le feu sur un véhicule, tuant un civil dans le village d’Ekombe, le 3 février. Le 20 février les sécessionnistes ont aussi tué un chauffeur de camion dans la ville de Muyuka. Des militaires ont tué trois civils dans le village d’Ikata le 3 février, six séparatistes présumés ont été tués dans le village de Bakebe le 6 février, et au moins trois civils auraient été tués dans le village de Bakundu le 20 février», poursuit International Crisis Group.

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Le Gouvernement se braque, le dialogue coince

Le rapport de l’organisation jette aussi un regard sur la situation dans l’Extrême-nord Cameroun, en proie à la secte islamique Boko Haram. On apprend alors qu’en février 2020, l’armée qu’on sait tout de même bien formée et professionnelle, a neutralisé trois combattants de cette secte. La même organisation, dans un rapport publié le 2 mai 2019 rapportait que la crise dans le Noso a déjà fait 1 850 morts, 530 000 déplacés internes et 35 000 réfugiés au Nigéria voisin. Mais les autorités camerounaises, elles, estimaient le nombre de morts à 1 600 (400 civils, 160 militaires et policiers et un millier de séparatistes). En guise de pistes de solutions, l’Ong estimait alors que les acteurs internationaux, notamment les États-Unis, la Suisse, le Vatican, les Nations unies, l’Union européenne (en particulier la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni) et l’Union africaine, doivent continuer à encourager le gouvernement au dialogue.

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Fort de ces données fournies par Icg, l’ambassadeur de la Confédération Suisse au Cameroun, reçu en audience au Palais de l’Unité le 22 mai 2019 par Paul Biya, avait réitéré la disponibilité de son pays à accompagner le nôtre dans la recherche des issues pacifiques à cette crise qui, de l’avis de plusieurs Ong, s’est muée en conflit armé entre combattants séparatistes et forces gouvernementales depuis plus de 20 mois. «Nous avons eu un échange sur la situation au Nord-Ouest et au Sud-Ouest. La Suisse contribue, à travers son expertise, à la recherche des solutions à cette situation. Comme on fait en Suisse, avec détermination, mais avec modestie, on dit toujours qu’aux problèmes camerounais, il y a des solutions camerounaises», avait déclaré Pietro Lazzeri au sortir de l’audience.

Christian TCHAPMI

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Un commentaire

  1. Le Gouvernement doit rompre toute coopération avec ces organisations prétendument de défense des. droits humains, qui ne sont en réalité que des agents de déstabilisation du pays. Il faut expulser tous leurs. Représentants.

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