Crise anglophone au Cameroun : plus de 300 morts en 2023 selon le CHRDA

sécessionnistes anglophones

La crise qui secoue les régions anglophones du Cameroun depuis près de 7 ans continue de faire des victimes à un rythme effréné. Dans son rapport annuel sur la situation des droits de l’homme, le Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale (CHRDA) fait état de plus de 300 décès en 2023 dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Un conflit meurtrier qui perdure

Selon le document publié le 29 février 2024, l’année écoulée a encore été marquée par de graves exactions commises par les deux camps. Entre les forces de sécurité camerounaises et les combattants indépendantistes qui luttent pour la création d’un « Ambazonie » anglophone, les civils se retrouvent pris en étau, victimes collatérales d’un conflit qui n’a que trop duré.

Le CHRDA pointe notamment du doigt le massacre d’une cinquantaine de civils dans le village d’Egbekaw, l’exécution extrajudiciaire de 5 jeunes à Ekona par des militaires ou encore l’attaque sanglante contre des ouvriers agricoles à la CDC par des rebelles armés. Des événements tragiques parmi bien d’autres dans une région sous tension permanente.

Violations en série des droits humains

Outre ces atteintes gravissimes au droit à la vie, le rapport fait état de nombreuses autres violations caractérisées des libertés fondamentales. Tortures, arrestations arbitraires, enlèvements, détentions illégales… un véritable arsenal répressif se déploie en toute impunité, dans l’indifférence des autorités.

Surtout, comme le souligne le CHRDA, ni le gouvernement ni les séparatistes ne semblent déployer le moindre effort pour traduire en justice les responsables de ces actes criminels. Quand des enquêtes sont annoncées, elles tournent souvent court, laissant libre cours aux pires exactions.

Vers une sortie de crise ?

Alors que le conflit anglophone entre dans sa 8e année, l’heure est plus que jamais à la responsabilité et au dialogue pour les parties engagées. La voie sécuritaire dans laquelle le pouvoir s’est engouffré n’a fait qu’attiser les tensions et les rancœurs, au mépris total des droits humains.

L’initiative de paix canadienne rejetée en janvier dernier pouvait pourtant offrir une opportunité unique de désamorcer les tensions. Reste à espérer qu’une fenêtre de dialogue finira par s’ouvrir, avant que le bilan humain de cette triste guerre civile larvée n’atteigne un point de non-retour.

Par Jean Fernand Onana pour 237online.com

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