Crise à la BEAC : le gouverneur Abbas Tolli défie les textes en refusant de partir

Abbas Mahamat Tolli

Fin de mandat compliquée à la Banque centrale d’Afrique centrale (BEAC). Son gouverneur Abbas Mahamat Tolli refuse de quitter son poste malgré l’expiration de ses fonctions le 5 février 2023. Un cafouillage qui en dit long sur les tensions au sommet de l’institution sous-régionale.

La passation de pouvoir vire au bras de fer à la BEAC. Arrivé au terme officiel de son mandat de gouverneur le 5 février dernier, Abbas Mahamat Tolli continue d’occuper son fauteuil en catimini, au mépris des textes en vigueur.

Un intérim possible avant l’arrivée d’un nouveau gouverneur

Pourtant, le règlement de la BEAC est formel : la fin du mandat du gouverneur n’est pas subordonnée à la nomination de son successeur par la Conférence des chefs d’État de la CEMAC.

L’institution ayant un gouvernement collégial, les cinq autres membres peuvent assurer la continuité des affaires en attendant l’investiture du prochain gouverneur. Ce qui fut déjà le cas par le passé.

Une décision unilatérale qui interroge

D’où l’incompréhension face à l’entêtement de Abbas Mahamat Tolli à squatter son fauteuil, allant à l’encontre des textes et du bon fonctionnement institutionnel de la BEAC.

D’autant que cette décision unilatérale contraste avec le départ dans les règles du Directeur général des études Ivan Bacale, dont le mandat a également expiré. De quoi jeter le trouble au sein de la vénérable institution sous-régionale.

Vers une crise ouverte au sommet de la BEAC ?

Difficile de ne pas y voir un signal inquiétant de défiance personnelle du gouverneur sortant à l’égard des plus hautes autorités de la CEMAC. En refusant de se plier aux règles communes, Abbas Mahamat Tolli menace clairement la stabilité du fonctionnement de la BEAC.

Sa désobéissance ouverte pose la question de sa légitimité à engager l’institution monétaire au-delà de la fin de son contrat. De quoi plonger la Banque centrale sous-régionale dans une crise statutaire aux lourdes conséquences. Jusqu’où ira ce bras de fer au sommet ? Affaire à suivre…

Par Charles Manda pour 237online.com

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