Affaire Baboke : l’épouse répond, entre prière et dénégations

Affaire Baboke Cameroun – déclaration épouse TCS convocation

Cressence Baboke a décidé de parler. L’épouse d’Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République, a publié une longue prise de position sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’elle appelle des « diffamations » visant sa famille. Accusations de trafic d’or, faux décrets, immeubles à Dubaï : elle balaie tout d’un revers de main.

Un texte spirituel qui tient lieu de démenti

La déclaration de Cressence Baboke ressemble davantage à un sermon qu’à un communiqué de presse. Elle cite Matthieu 5:43-44, parle de Judas, de Pilate, de démons à combattre. Le ton est celui d’une femme blessée qui s’adresse à sa communauté de foi, pas à l’opinion publique. Ce n’est pas un reproche, c’est un constat.

Sur le fond, elle conteste une série d’accusations accumulées depuis plusieurs mois : les « sept milliards volés » dans l’import de produits pétroliers, les présumées propriétés à l’étranger, les immeubles à Dubaï, les sites du restaurant Le Continent et de plusieurs stations-service. Sur ce dernier point, elle affirme que « les véritables propriétaires ont présenté leurs titres fonciers et les contrats de location ». C’est le seul élément concret du texte. Pour le reste, elle retourne la charge de la preuve vers ses accusateurs : « Si ceux qui affirment cela pouvaient produire les actes d’achat de ces biens… »

On peut prier et avoir quand même des comptes à rendre au TCS.

Elle revendique le droit de « s’offrir une belle voiture ou construire une belle maison« , au motif qu’elle travaille, emploie « des centaines de Camerounais » et paie ses impôts. Ce sont des arguments recevables. Mais ils ne répondent pas aux questions que les enquêteurs du Tribunal criminel spécial posent à son mari depuis le 26 juin 2026.

Un timing qui dit quelque chose

Oswald Baboke a été entendu au TCS le 26 juin, avec d’autres auditions prévues les 30 juin et 1er juillet. La sortie médiatique de son épouse intervient exactement dans cette fenêtre. Difficile de ne pas y voir une tentative de reprendre la main sur le récit public au moment précis où les enquêtes s’accélèrent.

Franchement, le procédé est connu. Quand les convocations arrivent, les communiqués suivent. La stratégie de communication ne remplace pas la procédure judiciaire, et le TCS ne statue pas sur les réseaux sociaux.

Rien ne confirme à ce stade que les investigations déboucheront sur une mise en examen d’Oswald Baboke. Une source proche du dossier, citée par Jeune Afrique, rappelle qu’il n’est « pas le seul à avoir été convoqué » et que d’autres personnalités, y compris des proches de la famille présidentielle, seront entendues.

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✍️ À propos de l'auteur
Alain-Claude Ndom
Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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