CORONAVIRUS AU CAMEROON
Confirmés
12592
Actifs
2179
Guéris
10100
Décès
313
Source : MINSANTE Cameroun -
Mise à jour : 29 juin 2020
Société

Covid-19: Quatre détenus ont trouvé la mort à la prison de Kondengui

Malgré les remises et commutations de peines concernées par le décret présidentiel du 15 avril 2020, la prison centrale de Yaoundé demeure un mouroir.

Une onde de choc traverse la prison centrale de Kondengui à Yaoundé. Avec près de 100 cas dépistés positifs au covd-19 ; 04 décès enregistrés, les détenus de la prison centrale de Kondengui vivent désormais avec la peur au ventre. En effet, trois jours après les commutations et remises de peines en faveur des personnes condamnées (15 avril 2020, par le chef de l’Etat, Paul Biya), un pasteur a retrouvé la mort à la prison centrale de Kondengui, le samedi 18 avril 2020, où il était détenu depuis plusieurs mois. Selon les sources au sein de cet établissement pénitentiaire, cet homme de Dieu était déjà mal en point depuis plusieurs semaines. Son état de santé s’est dégradé suite aux mauvaises conditions de détention, notamment la surpopulation carcérale. Nos sources précises également, un autre détenu décédé dans la nuit de jeudi à vendredi. Une autre source raconte que : le 13 avril 2020, les corps inertes ont été retrouvés dans les dortoirs et les toilettes de la prison centrale de Kondengui.

« Nous sommes déjà à plus de 100 personnes contaminés dans la prison centrale de Kondengui ; avec deux décès depuis le 13 avril. Aucune disposition n’est prise par l’Etat et l’administration pénitentiaire pour épargner les détenus. Pas de masques ; pas de désinfectant. Nous sommes morts, s’il te plait, il faut en parler c’est urgent. L’infirmerie de la prison est pleine à craquer », confie un prisonnier aux abois. A moins de 10 jours, quatre détenus ont trouvé la mort à la prison centrale de Kondengui qui compte plus de 5700 détenus. Le lundi 13 avril, les détenus de Kondengui ont exprimé leur ras le bol au sein de la prison après le décès des deux prisonniers. Ces détenus soupçonnaient que leurs camarades étaient morts de suites de covid-19. Ils ont exprimé leur mécontentement en exigeant que les prisonniers qui présentent les symptômes de la maladie soient prélevés et qu’ils soient isolés dans les structures agrées afin de limiter la propagation de la pandémie au sein de la prison. Ce même jour, les responsables de la prison centrale ont distribués les caches nez aux détenus. Quelques heures après, la situation est revenue normale. Cependant, le dimanche 19 avril 2020, 20 nouveaux cas ont été signalés à la prison centrale de Kondengui par les autorités.

Lire aussi
OK FOODS CAM helps fight Coronavirus in Cameroon [Video]

L’urgence d’un désengorgement total des prisons

Olive Atangana, journaliste au journal l’œil du Sahel et promotrice d’un blog éponyme informe les camerounais que 13 personnes sont infectées du virus corona, après un test sur 20 personnes. « La prison centrale de Kondengui infectée au Coronavirus. 13 cas sur 20 testés positifs après les émeutes du 13 avril. Ils sont actuellement en isolement dans la salle des mineurs. L’urgence de désinfecter ce pénitencier qui compte plus de 4000 détenus », écrit-elle sur twitter lundi 20 avril 2020. Depuis vendredi dernier, la circulaire du ministre d’Etat garde des Sceaux qui précise les critères des personnes devant bénéficier du décret présidentiel a été affichée à l’intention des responsables des parquets. Dès cette semaine, il sera question d’étudier cas par cas la situation de chaque détenu avant de procéder à la libération dans les plus brefs délais de ceux concernés par le décret présidentiel. Au Cameroun, des prisons telles que celles des régions du Centre ou du Littoral présentent des taux d’occupation de 193 et 299%. Selon la carte sanitaire des pénitenciers camerounais, un médecin y couvre une population de 1 383 détenus. L’apparition du coronavirus fait donc de ces établissements des espaces de propagation propices, d’autant que certains gestes barrières prévus dans le plan de lutte du gouvernement ne peuvent y être pris en compte.

Lire aussi
Guy Tanonkou: « Le gouvernement doit allez plus loin contre le Covid-19 »

C’est le cas de l’usage du gel hydroalcoolique, interdit en milieu carcéral car contenant de l’alcool. « Nos prisons sont de potentiels mouroirs. Nous devons tout faire pour que le pire n’arrive pas. Le gouvernement doit prendre des mesures urgentes, comme la libération de certains prévenus, des personnes à risque (femmes enceintes, personnes âgées) qui se trouvent en fin de peine. Il faut un désengorgement total des prisons ». « Le gouvernement devrait libérer toute personne détenue sans fondement juridique suffisant, y compris les prisonniers politiques », écrivait Michelle Bachelet, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Dans la même veine, le chef de l’Etat devrait également dans la circonstance des résolutions du Grand dialogue national (Gdn), libérer tous les prisonniers de la crise anglophone. Dans ces prisons où la panique serait totale et le chaos inévitable, il vaudrait mieux anticiper en procédant dès maintenant au désengorgement. Le président camerounais devrait absolument aller dans ce sens si l’on ne souhaite pas avoir de regrets et d’autres conséquences dramatiques dans les prochaines semaines.

Elvis Serge NSAA (Stg)

Tags
Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer