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Source : MINSANTE Cameroun -
Mise à jour : 06 avril 2020
Société

Comment les femmes transforment la crise anglophone en opportunité

Les déplacées de la crise anglophone alternent entre femmes de ménage dans des familles où elles sont logées et les cours du soir.

A Yaoundé, les déplacées de la crise anglophone cherchent le travail de domestique, pour avoir un toit et de quoi manger. De nombreuses épouses et mères de famille qui travaillent hors de leur foyer trouvent en ces ménagères de la crise en anglophone du pain bénit. Elles sont nombreuses et bon marché. Pascaline est une déplacée de la crise anglophone, qui s’est convertie en femme de mère dans une famille d’accueil à Yaoundé.

C’est ma famille Menyenga. La fille de 25 ans s’occupe de la lessive, cuisine, baby-sitting. Pour sa patronne qui est une cheffe d’entreprise, c’est une alliée incontournable pour sa réussite professionnelle. « Ma vie professionnelle n’est pas possible sans mon personnel domestique : j’occupe un poste de responsabilité-clé dans une entreprise, j’ai des enfants en bas âge et un époux. Je dois faire en sorte qu’aucune de mes vies ne pâtisse de l’autre. Pour cela, j’ai recours à une jeune femme qui s’occupe de tout dans la maison : ménage, lessive, cuisine, baby-sitting. Elle conduit les enfants à l’école et dans leurs activités périscolaires. Par la grâce de Dieu, depuis deux ans que j’ai cette jeune dame qui vient de la région du Nord-Ouest je ne déplore aucun incident », assure dame. Pascaline avoue être à l’aise comme un poisson dans l’eau. A quelque chose malheur est bon. « Cette famille m’a adopté comme leur propos enfant. J’ai une chambre moderne, je reste ici, elle s’occupe de moi, je mange à ma faim. Quand je suis malade, elle me conduit à l’hôpital et elle achète mes médicaments. Quand je suis arrivée ici, j’avais perdu le goût de la vie, cette famille m’a redonné l’envie de vivre », confie-t-elle.

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Malgré ce confort, la jeune dame garde un survenir triste de la crise anglophone. « J’ai perdu deux membres de ma famille dans cette sale guerre. Je prie chaque jour pour que la guerre s’arrête. C’est là-bas qu’il y a ma famille, je compte un jour retourner », ajoute-elle d’un regard anxieux. Quand la crise commençait, la jeune dame était en classe de première. C’est la raison pour laquelle sa patronne tienne qu’elle fasse les cours du soir pour compléter sa formation. « Je la considère comme ma fille. Je tiens à ce qu’elle ait le baccalauréat, avec son argent qu’elle gagne, on va pouvoir lui payer une formation, pour qu’elle devienne autonome et indépendante », explique sa patronne.

Désagréments

Son travail de femme de ménage n’empiète pas sur ses études. « Les cours commencent à 17 heures et s’achèvent à 22 heures. Mon travail s’arrête à 15h30 minutes quand les enfants rentrent de l’école. Je suis bien payé. Je gagne 40 mille chaque mois », raconte Pascaline. Pascaline n’est pas la seule à subir les cours du soir, Victorine une déplacée de la crise anglophone trouve qu’il n’est pas aisé de porter un uniforme pour aller à l’école. « En plus de mon âge, je dois prendre soin des enfants de mon patron le matin et effectuer les tâches ménagères toute la journée. Dès lors, le seul moment où je peux me permettre d’étudier c’est dans la soirée », avoue-t-elle. D’ailleurs, dans la ville de Yaoundé, on compte par milliers les étudiants qui débutent les cours dans l’après-midi et ce, jusque tard dans la nuit. Si certains y vont par plaisir, d’autres par contre y voient une sorte de contrainte. A l’Institut Siantou supérieur par exemple, une étudiante en comptabilité qui débute ces cours à 16 heures confie : « Ce n’est pas évident de quitter la maison à 16 heures pour se rendre à l’école. De plus, ces cours se terminent parfois très tard. Je n’ai pas le choix. Je travaille en journée et le soir je suis étudiant. C’est avec ce que je gagne que je fiance mes études », raconte-il. Dans l’administration d’un institut supérieur privé de la place, une source informe que ces cours programmés en soirée sont pensés pour permettre à ces étudiants de trouver du travail en journée.

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« A partir du baccalauréat, il y a les étudiants qui se prennent eux même en charge. Nous leurs permettons alors de travailler et d’étudier plus tard. En plus, c’est avec cet argent qu’ils payent le plus souvent leurs études », confie notre source. Des cours du soir qui causent d’énormes désagréments aux apprenants, mais aussi à leurs parents, qui y voient beaucoup de risques d’insécurité.

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