Le feuilleton judiciaire entre le CNC et Vision 4 prend un nouveau tournant. Ce vendredi 2 octobre 2026, le Conseil national de la communication a introduit un pourvoi en annulation contre le sursis à exécution accordé la veille par le Tribunal administratif du Centre. Conséquence immédiate : ce pourvoi suspend le sursis. La sanction initiale du 18 août reste donc, pour l’instant, en vigueur.
Une bataille procédurale qui s’intensifie
Tout commence le 18 août 2026. Le CNC suspend pour trois mois le journaliste Martial Owona, de Vision 4, pour des propos jugés offensants envers une avocate. La chaîne refuse d’appliquer la sanction. Résultat, le régulateur durcit le ton le 29 septembre : la suspension d’Owona passe à six mois, et la chaîne elle-même écope d’un mois d’arrêt, tout comme Boney Philippe, directeur général des médias du Groupe l’Anecdote.
Le 1er octobre, coup de théâtre. Le Tribunal administratif du Centre accorde un sursis à exécution dans l’affaire opposant Boni Menyene Philippe et Owona Thaddée Martial à l’État du Cameroun, représenté par le CNC. Mais le lendemain, soit le 2 octobre, le CNC réplique sans attendre. Maître Eteme Eteme, du cabinet SCPA Memong-Eteme & Associés, dépose le pourvoi n°056/2026 devant le Tribunal administratif de Yaoundé, contre l’ordonnance n°048/OSE/CAB/PTA/YDE/2026.
Le document, signé par le Greffier en Chef Evindi Yves Sylvain, confirme noir sur blanc l’enregistrement de la procédure sous le numéro 2603. Franchement, ce ping-pong judiciaire commence à ressembler à un bras de fer où chaque camp attend que l’autre craque.
Un signal envoyé à toute la profession
Cette affaire dépasse largement le cas individuel d’un journaliste sanctionné. Elle pose une question qui taraude la profession depuis des années : jusqu’où va le pouvoir du régulateur face à une décision de justice ? Le CNC semble décidé à montrer qu’il ne pliera pas face à un sursis qu’il juge contestable.
Le signal est clair. En multipliant les procédures et en haussant le ton à chaque étape, le régulateur veut imposer son autorité, quitte à prolonger un conflit qui s’éternise déjà depuis plus d’un mois et demi. Pourtant, du côté de Vision 4, on ne s’y est pas vraiment opposé ouvertement pour l’instant, preuve que la chaîne mesure aussi les risques d’un affrontement frontal avec l’institution.
Le dossier retourne donc devant la justice administrative. Reste à savoir si cette nouvelle manche changera quoi que ce soit au rapport de force entre le CNC et le groupe de presse.
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Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
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