Fini les selfies en tenue de service sur TikTok et Facebook. Le 13 mars 2026, le Délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele, a signé la Circulaire N°18/DGSN/SG/DJ interdisant formellement aux policiers camerounais le port d’uniformes non réglementaires et tout usage irresponsable des réseaux sociaux en tenue. Piercings, chevillières, coiffures extravagantes et publications équivoques sont désormais passibles du Conseil de Discipline. Les policiers camerounais ont-ils vraiment perdu le sens du devoir de réserve ?
Une circulaire ferme face aux dérives visibles de la police nationale
Le constat de Martin Mbarga Nguele est sans appel. Dans sa circulaire adressée à tous les responsables des services centraux et extérieurs de la Sûreté nationale, le DGSN dénonce des comportements qu’il qualifie d’« anti-déontologiques » portant « gravement atteinte à l’image et la considération du Corps ». Piercings, chevillières, insignes non autorisés, chaussures non conformes et coiffures extravagantes sont nommément cités et prohibés en uniforme.
Mais c’est surtout la question des réseaux sociaux qui cristallise l’inquiétude du DGSN. Des fonctionnaires de police se filment en tenue, prennent position publiquement sur des « questions sensibles d’intérêt national » et, pire encore, diffusent des documents classifiés « CONFIDENTIEL » ou « SECRET » via les plateformes numériques. Une dérive grave que la circulaire entend stopper net, en s’appuyant sur l’Instruction N°13/CAB/PRF du 6 août 1968 sur la protection du secret d’État.
Désormais, toute publication sur les réseaux sociaux en uniforme est strictement interdite, sauf autorisation expresse du Chef de Corps. Les contrevenants seront « systématiquement traduits devant le Conseil de Discipline de la Sûreté Nationale, sans préjudice des poursuites judiciaires subséquentes ». La Division Spéciale de Contrôle des Services est chargée de veiller à l’application de ces directives.





