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L'ouverture sur le Cameroun

Cinema: Patricia Bakalack pour vous servir

La comédienne qui a fait ses premiers pas au théâtre avec « Re-Belle » est une actrice de cinéma ambitieuse. Souvenez-vous de cette demoiselle incarnant une des filles d??Atangana Wamba Kotto, criant des cantiques dans « La Déchirure », d??Alphonse Beni. C??était en fin 2004, et cette première expérience ne restera pas vraiment gravée dans la mémoire de Patricia Bakalack. Loin s??en faut ! Sur le tournage, la comédienne-amateur cherche plutôt des tuyaux auprès des techniciens, qui lui touchent

quelques mots sur le cinéma. Une actrice n??était pas encore née, mais elle était fécondée. Ces prémices se confirmeront quelques mois après, quand Jude Ntsimenkou l??appelle pour « Une vie brisée ». Elle y côtoie Daniel Ndo, Essindi Mindja?? Au sein de l??équipe technique, Arthur Si Bita et Arouna Njoya la « coachent ». Le second lui parle de Christian Lara. Le réalisateur antillais serait au Cameroun pour un film. Son casting est bouclé, mais on ne sait jamais. Deux jours après la conversation, la voilà à Ngaoundéré, pour le tournage de « L??héritage perdu »?? Dans la foulée, elle est retenue dans « l??Enfant peau Rouge », court métrage de Gérard Essomba, où elle incarne, la princesse Amogbe, aux côtés de Blanche Bilongo, entre autres. C??est une espèce de cavalcade qu??a effectuée en moins de deux ans (2004-2005) cette comédienne de 26 ans dans les milieux du cinéma local. Mais ses performances ne lui plaisent pas, la déception la gagne. « Je me demandais après tout cela, si j??en avais vraiment envie, s??il ne fallait pas tout arrêter, à cause de l??absence de centre de formation ». Mais en 2007, Christian Lara l??appelle pour un tournage en France, pour la série d??été de France Télévision. Avant de partir, Patricia B. pour Boudjeka Kamto, dans un « 26 minutes » où elle donne la réplique?? au lit à Eshu. La scène d??amour qu??elle tourne fait murmurer de réprobation le tout-Yaoundé. Patricia Bakalack s??en moque et froisse les clichés. « Je ne suis pas une actrice camerounaise ou africaine. Je suis une actrice tout court. Pourquoi quand Halle Berry fait des scènes d??amour on ne jase pas ? ». En France, Patricia Bakalack apprend les travers de la vie parisienne pendant un an. Et s??en remet, grâce à sa famille et ses amis. Avant d??atterrir, par chance, début 2009, au Studio Pygmalion. C??est dans cette école d??art dramatique plutôt huppée que sont passés notamment Marion Cotillard (« La Môme ») et Tomer Sisley (« Largo Winch »). « Je suis la seule noire de Pygmalion. L??avantage là-bas, c??est le training. On y travaille l??émotion, la diction?? », affirme-t-elle. D??où vient le théâtre alors ? C??est un devoir à Pygmalion qui amène miss Bakalack sur les planches. Avec le monologue « Re-Belle », écrit par le metteur en scène Emery Noudjiep, en spectacle au Ccf de Douala ce 17 septembre, et qu??elle présentera prochainement à Paris, elle entre de plain-pied dans le monde des comédiennes professionnelles. Afin de forcer, en Hexagone, même les portes verrouillées à plusieurs tours. N??oubliez pas que Bakalack rime avec Black. Et avec « gnack ».
Alain TCHAKOUNTE, CT

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