Politique

Cessez-le-feu au Noso: De la discorde à l’unisson autour Sisiku Ayuk Tabe?

Le 2 juillet 2020 dernier, une rencontre secrète a eu lieu entre le gouvernement et neuf détenus de la crise dite anglophone conduit par Sissiku Julius Ayuk Tabe.

Extirpés de la prison centrale de Kondengui, Ayuk Tabe et ses compères ont discuté avec les émissaires du gouvernement Camerounais dont le patron du Direction générale des recherches extérieures (Dgre), des possibilités d’un cessez-le-feu dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. A peine l’information a fuité qu’une ensemble de tir groupés, contestant le leadership de Sisiku Julius Ayuk Tabe est parti de la diaspora.

Chris Anu, secrétaire à la communication et des technologies de l’information du gouvernement intérimaire de la république virtuelle d’Ambazonie a commis un communiqué dans lequel il fustige le leadership d’Ayuk Tabe à conduire les négociations pour le compte des Ambazoniens « la déclaration attribuée au gouvernement intérimaire par des détenus derrière les barreaux, ne représente pas la position du gouvernement intérimaire conduit par Dr Samuel IkomeSako. Nous faisons le démenti suivant: les détenus de Kondengui … n’ont aucun droit, aucun mandat pour discuter de l’avenir de l’Ambazonie étant encore enchaînés. Ceux qui sont incarcérés ne peuvent négocier la liberté pour des peuples libres. Par conséquent le cessez-le-feu et la paix qu’ils suggèrent dans la déclaration n’engage pas le gouvernement intérimaire ».

Il estime que le régime de Yaoundé n’a jamais fait montre de bonne foi dans ses négociations. Il cite entre autre la négociation de l’accord de paix avec Agbor Balla et NebaFotem qui n’a pas marché. Insinuant que la dernière décision incombe au peuple libre d’Ambazonie qui selon lui, « a dit non à tout deal sur la paix et le cessez-le-feu avec des gens qu’il considère comme des prisonniers ». Et de poursuivre dans son communiqué « le gouvernement intérimaire n’acceptera aucun deal sur la paix et le cessez-le-feu qui n’émane pas des négociations proprement constituées comme celle du processus de la médiation Suisse ». A l’en croire, « le gouvernement intérimaire sous la présidence de Dr Samuel IkomeSako n’a pas, n’est pas et ne pourra entretenir aucun dialogue ou réunion avec les autorités de la République du Cameroun en dehors d’une médiation et négociation proprement constituée. Une telle discussion doit se tenir hors de la République du Cameroun ». Tapang Ivo Tanku, porte-parole de l’Adf( AmbazoniaDefense forces) ne dit pas autrement : « nous n’avons pas de gouvernement qui parle en notre nom….nous continuerons la guerre sans interruption.

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Nous n’endosserons aucun partenariat bilatéral avec la république du Cameroun ». Suffisant pour Penn Térence, l’un des détenus qui a pris part à rencontre de rappeler à la gouverne de ces contradicteurs « un prisonnier ne peut pas négocier la liberté du peuple ambazonien. Le faire se serait dans la posture de faiblesse ». Pour lui, la rencontre avec les autorités de Yaoundé était juste un début de dialogue et non de négociations. Il a laissé entendre que quatre conditions sine-qua-non ont été émises aux émissaires du gouvernement Camerounais comme préalable pour enclencher toute négociation. Primo, la démilitarisation et cessez-le-feu immédiat. Il s’agit selon lui, le retrait immédiat des forces de défense et de sécurité dans le Nord-ouest et le Sud-ouest.

Position sans ambiguïtés

Secundo, la libération de toutes les personnes incarcérées dans le cadre de cette crise. Tertio, l’amnistie générale à tous les ambazoniens dans le monde; ceci afin de les permettre de retourner au pays sans risque d’être interpellés, se concerter avec leur leader sur les voies de sortie de la crise. Ces trois premières conditions démontreront selon lui, la bonne foi du gouvernement de Yaoundé. La quatrième condition consistera pour les parties de mettre sur pieds un emploi de temps, le lieu des négociations qui ne peut être que dans un pays neutre et en présence d’une troisième partie autrement appelée médiateur. La piste de l’Afrique du Sud est même envisagée par ces derniers.

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Ces clarifications ont suscité l’abrogation de Dabney Yerima, vice-président du gouvernement intérimaire de la république fédérale virtuelle d’Ambazonie qui dans un autre communiqué prend acte de la rencontre entre Sisiku Julius Ayuk Tabe et Cie d’avec les émissaires de Yaoundé. « Le gouvernement intérimaire a informé les autres courants de mouvement de la lutte de la rencontre formelle.

Notre position claire sans ambiguïté sur la négociation d’un cessez-le-feu a été présentée à la République du Cameroun. Un progrès significatif vient d’être franchi. Le gouvernement intérimaire de l’Ambazonie vous tiendra informé de l’évolution », lit-on dans ce communiqué. Et d’ajouter, « le chemin de la liberté et de l’indépendance est toujours semé d’embûches. Malgré l’obscurité actuelle, j’entrevois l’espoir et un avenir radieux. Notre objectif cardinal c’est la liberté et l’indépendance. Soyez en rassuré, nous restons dévoué à la restauration de l’indépendance de la terre de nos ancêtres ». L’avocat activiste et défenseur des droits de l’homme Me Agbor Balla « salue la brave et louable initiative du gouvernement Camerounais et de Sisiku Tabe et Cie qui se sont rencontrés le 2 juillet 2020 pour un début de discussion. Mon souhait le plus fervent est que ces discussions contribuent à la recherche d’une accalmie à l’impasse actuelle. J’approuve ces discussions ».

Marlyse SIBATCHEU

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