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CAN: Boupendza et Allevinah font oublier Aumbameyang et rêver le Gabon

Deux petites « Panthères » peuvent-elles éclipser une grande? Depuis que le Covid a privé de CAN la star du Gabon Aubameyang, le duo Aaron Boupendza-Jim Allevinah assure la relève, avant le 8e de finale contre le Burkina-Faso à Limbé, dimanche.

« Non, cela ne peut pas être mieux sans deux joueurs de niveau mondial comme Pierre-Emerick Aumbameyang et Mario Lemina« , explique pourtant à l’AFP Patrice Neveu, patron de la sélection gabonaise, surnommée « Les Panthères ».

Mais chez des « joueurs peut-être techniquement moins élevés que +PEA+, on trouve bien d’autres qualités, l’abnégation, le replacement, le respect des consignes, les compensations, faire une course pour racheter la faute d’un partenaire, et cela vaut pour toute mon équipe », savoure Neveu.

« La force, c’est le collectif, l’arme principale. J’ai une équipe extrêmement disciplinée, pas uniquement une équipe généreuse, une équipe qui travaille tactiquement, qui s’articule bien, en 3-5-2 ou 4-2-3-1 » avec Boupendza en ailier collé à la ligne dans cette seconde configuration.

Ses deux attaquants ont réussi ou provoqué tous les buts du Gabon à la Coupe d’Afrique.

Boupendza a commencé par un boulet, dans le stade qu’occupait le Canon de Yaoundé du temps de sa gloire, dans un angle très fermé contre les Comores (1-0).

Il a aussi provoqué un but contre son camp du défenseur marocain Naif Aguerd (2-2).

– Meilleur buteur en Turquie –

Allevinah, 26 ans, a marqué sur une autre frappe croisée pour égaliser contre le Ghana (1-1), et ouvert le score face au Maroc sur une passe décisive… de son gardien Jean-Noël Amonome.

A cette CAN, ce sont eux qui sont en pleine lumière, le capitaine PEA ayant dû rentrer sans jouer un seul match, par précaution, des examens montrant des résidus de Covid dans son corps.

C’est une belle revanche pour Boupendza (25 ans), formé à Bordeaux où il n’a jamais percé, et qui n’a jamais joué un match de L1.

Après une bonne saison en National 1 avec Pau (2017-2018), il enchaîne les prêts sans grande réussite au Gazélec Ajaccio, à Tours et Feirense, au Portugal.

Revenu au bercail, les Girondins le libèrent quand Neveu lui dégotte un club en Turquie, Hatayspor, où il se révèle enfin la saison dernière, terminant meilleur buteur du championnat (22 buts).

Il a depuis rejoint Al Arabi au Qatar, et explose à la CAN.

Jim Allevinah (26 ans), né à Agen dans une famille de footballeurs, joue chez les jeunes dans les sections foot de grands noms du rugby, SU Agen ou Aviron Bayonnais, le club d’enfance de Didier Deschamps.

Puis il passe par Le Puy, où Clermont, encore une ville de rugby, est allé le chercher en 2019, et où il progresse en même temps que son club jusqu’à découvrir cette saison la Ligue 1.

« C’est la troisième année de Jim chez nous », explique à l’AFP Jérôme Champagne, dirigeant du Clermont Foot. « Il a grandi en tant que joueur et en tant qu’homme, avec le travail de (l’entraîneur) Pascal Gastien ».

L’attaquant « avait fait une première saison en L2 certes incomplète mais prometteuse, mais la saison dernière il a mis 12 buts », poursuit Champagne.

« Jim formait notre attaque d’or la saison dernière avec Mohamed Bayo (également à la CAN avec la Guinée, NDLR) et Jodel Dossou », du Bénin, complète le dirigeant auvergnat.

Il décrit Allevinah comme un homme « très attachant. On le suit à la CAN devant les écrans, il prend confiance au niveau international, c’est très bien », conclut Champagne. « On est content de sa réussite ». Le Gabon aussi.

AFP

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