Société

Cameroun : Un trou qui fait disparaître les arracheurs de téléphones à Yaoundé

Situé à la Poste centrale dans la capitale politique, ce trou mesure environ 70 centimètres de diamètre avec une échelle qui mène directement dans les eaux. Une échappatoire pour les brigands.

La poste centrale de Yaoundé est un lieu où de milliers de Camerounais passent par jour. C’est un endroit incontournable pour les affaires notamment le petit commerce et les changes. Ça grouille de monde au quotidien. Un pont avait été construit afin de canaliser les eaux qui passent en dessous. Non loin du pont amené vers l’axe qui mène vers le marché de Mfoundi, un petit trou d’environ 70 centimètres de diamètre montre ses entrailles. Il n’est pas couvert. Plus près, on se rend compte que le trou est constitué d’une « échelle » qui mène directement dans les eaux.

Beaucoup d’usagers passent par là sans se rendre compte de la présence d’un tel trou. Pourtant, il a contribué et continue d’ailleurs à construire « la légende » des arracheurs de téléphones et objets divers à la Poste centrale. Ce haut lieu d’échange n’a pas bonne presse depuis belle lurette. De jour comme de nuit, des jeunes d’à peine 14 ans parfois y opèrent sans être inquiétés. Ce trou leur sert d’échappatoire ; une sorte d’adjuvant. « Ces gars sèment la terreur ici à la poste centrale. Quand un chauffeur arrive à ce niveau, il lève toutes ses vitres et bloque ses portières pour ne pas se faire surprendre par la moindre distraction », confie un vendeur à la criée. « Ici à poste, ces enfants ont le sang à l’œil. Tu es distrait d’une seule seconde, tu vas regretter. Ils sont des complices dans la foule qui l’aident à sauter dans le cours d’eau en passant par le trou en face. La poste est construite au-dessus de l’eau. Il y a toute une vie en dessous », renchérit Blaise Onana, vendeur de T-shirts.

Une vie sous la poste centrale que seuls initiés ont accès. Personne ne s’y aventure même quand le bourreau emprunte cette « échelle souterraine ». Les victimes pleurent en silence et se consolent grâce aux mots compatissants des passants. « Si on arrache ton téléphone et tu ne parviens pas à rattraper le voleur avant qu’il ne saute dans ce trou, il faut oublier. Si tu prends le risque de le suivre, tu ne sais pas ce que tu pourras rencontrer en dessous. Il y a tout un chemin sous la poste qui ressort après la Sonel centrale », explique Ousman Ibrahim, un fin connaisseur du milieu.

L’insécurité à la Poste centrale a changé les comportements et la démarche des usagers. Pour éviter les mauvaises surprises, les uns et les autres pressent le pas.

Solière Champlain Paka / 237online.com

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