Cameroun : Un prêtre retrouvé mort et putréfié dans une chambre d’hôtel

Armand Auguste Mballa Mebenga

Une macabre découverte secoue le Cameroun et son église catholique. Ce dimanche 14 avril 2024, le corps sans vie de l’abbé Armand Auguste Mballa Mebenga, prêtre du diocèse de Kribi, a été retrouvé en état de décomposition avancée dans une chambre d’hôtel à Ekoumdoum. Un scandale qui soulève de nombreuses questions sur les agissements troubles de certains hommes d’église.

Un prêtre dans une chambre d’hôtel, les interrogations s’accumulent

La scène a de quoi choquer. Que faisait un homme de Dieu, censé incarner la vertu et la spiritualité, dans un tel lieu ? C’est la question qui brûle les lèvres de milliers de Camerounais, sidérés par cette affaire sordide révélée en exclusivité par 237online.com.

« Comment comprendre ce que fait un prêtre dans la chambre d’un auberge ?« , s’interroge un fidèle sous le choc. Une question légitime qui en dit long sur le malaise profond qui règne au sein de l’église catholique camerounaise, secouée par des scandales à répétition.

Une mort entourée de mystère et de non-dits

Mais au-delà des circonstances troubles de cette présence dans un hôtel, c’est le décès même de l’abbé Armand qui soulève des interrogations. Retrouvé en état de putréfaction avancée, il aurait succombé dans la plus grande solitude, loin des siens et de sa communauté.

« On ignore les circonstances de son décès », confie une source proche de l’enquête. Un mystère qui ne fait qu’ajouter au malaise ambiant, d’autant que le diocèse de Kribi, dont dépendait le prêtre, reste murés dans un silence assourdissant.

7 ans de maladie, l’ombre de l’abandon

Car derrière cette mort sordide, c’est toute la question de la gestion des prêtres malades qui est posée. Selon des informations recueillies par nos journalistes, l’abbé Armand souffrait d’une longue maladie depuis 7 ans. Une épreuve qu’il aurait affrontée dans une solitude glaciale.

« Aurait-il été abandonné pendant sa longue pénitence de maladie ?« , s’insurge Kingue Lazare Casimir, un proche. « Comment s’est-il retrouvé seul au point de mourir et que son corps soit découvert en état de putréfaction ?« , ajoute-t-il, la voix brisée par l’émotion et la colère.

Le diocèse de Kribi, récidiviste de l’abandon ?

Ces questions, beaucoup se les posent aujourd’hui avec une indignation croissante. Car le diocèse de Kribi semble coutumier du fait en matière d’abandon de ses prêtres souffrants. « Comme je m’étais interrogé sur le cas de l’abbé Nyemeck dont sa famille disait avoir été abandonné par le diocèse de Kribi », rappelle Lazare Casimir.

Une accusation grave qui en dit long sur le malaise qui règne au sein de cette église locale. « J’espère que je ne vais pas recevoir la foudre qui vient tout droit de l’évêché », ironise notre interlocuteur, témoignant de l’omerta qui règne sur ces sujets sensibles.

Un enterrement express qui passe mal

Comme pour ajouter à la suspicion, l’inhumation de l’abbé Armand a été menée dans la précipitation ce même dimanche au cimetière de Mvolye. Une hâte que beaucoup interprètent comme une tentative maladroite d’étouffer l’affaire et d’enterrer avec le défunt les questions dérangeantes qui entourent son décès.

Un camouflet de plus pour les fidèles, qui exigent de leur église transparence et compassion. « Voilà comment finit notre cher prêtre qui était pourtant plein de vie à Kribi », se désole un paroissien. « Que s’est-il passé ? », ajoute-t-il, résumant en une phrase le sentiment général.

L’église camerounaise doit sortir du déni

C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que l’église catholique camerounaise pourra retrouver la confiance et le respect de ses fidèles. À elle de saisir cette chance, avant qu’il ne soit trop tard. Les Camerounais, eux, seront vigilants. Pour Armand, pour tous les autres, et pour que plus jamais un homme de Dieu ne meure ainsi dans l’indifférence et le déshonneur.

Par Christelle Mekamwa pour 237online.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *