Cameroun: Un coup de feu tiré et un colonel menacé de mort à Ngaoundéré

98 militaires immobilisent le train. Mardi, 12 juillet 2016, il est 19 h 05 à la gare voyageurs de Ngaoundéré.
A 10 minutes du départ du train à destination de Yaoundé, c’est la panique totale. Le sergent-chef Betchem Ngangue vient de tirer un coup de feu en l’air. 237online.com Les passagers cherchent à se réfugier pour éviter une balle perdue. Certains ont le souffle coupé. Ils peinent à se retenir. «Juste avant le départ du train, certains militaires ont voulu faire voyager leurs amis et leurs copines gratuitement. Les agents de Camrail ont refusé. Ils ont demandé que leurs amis civils payent normalement leurs billets. C’est à ce moment qu’un sergent-chef s’est énervé et a tiré un coup de feu en l’air», relate un témoin de la scène. Un autre affirme que les militaires sont arrivés à la gare à 13 h. «Ils se sont désaltérés, en attendant de s’installer dans le train pour Yaoundé», assure le jeune homme. Cet incident s’est produit au moment où l’état-major du gouverneur de l’Adamaoua dans son ensemble se trouvait à la gare pour accompagner le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Louis Paul Motaze, qui rentrait à Yaoundé, après un séjour à Ngaoundéré, où il a présidé la cérémonie de la journée internationale de la population. Le commandant de la légion de gendarmerie, le colonel Elias Toungue, qui fait partie de l’état-major du gouverneur, a entendu les bruits du coup de feu. D’où son intervention. «Le co-légion a interpelé le sergent-chef et lui a demandé de lui remettre son arme ; en lui expliquant que le pire a failli se produire. Le sergent-chef en question a cravaté le colonel et l’un de ses camarades a armé son fusil, l’a pointé sur le colonel en lui intimant l’ordre de lâcher son camarade sous peine de recevoir une balle», raconte un employé de la gare. Le co-légion était accompagné du commandant du groupement mobile de la voie publique. 237online.com Entre-temps, le ministre Louis Paul Motaze, qui se trouvait dans la salle d’embarquement, a décidé de ne plus voyager. Il se sentait en insécurité. Dans la foulée, Joseph Beti Assomo, le ministre de la Défense a été informé. Il a instruit le colégion de désarmer le sergent-chef ainsi que celui qui a voulu tirer sur lui, et de les mettre en cellule. Ce qui a été fait, une fois l’ordre du Mindef donné. Après l’arrestation de deux militaires, leurs camarades ont décidé d’immobiliser le train. «Si nous ne voyageons pas avec nos deux camarades, ce train ne bouge pas d’ici», menaçaientils. Là encore, le Mindef est informé. Il demande qu’on fasse sortir les deux officiers qui étaient déjà en cellule et qu’on les fasse voyager ; qu’on s’occupera d’eux à Yaoundé. Cette décision a été prise pour éviter le pire. Car apprend-on, «les militaires qui ont retardé le départ du train sont au nombre de 98. Et chacun possède au moins, trois boite chargeur». Le train, qui était censé partir à 19 h15, a finalement quitté la gare de Ngaoundéré à 20 h 47 avec à son bord le ministre Louis Paul Motaze qui s’est fait escorter par les éléments du BIR.

Francis EBOA

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