Cameroun – Sécurité routière: Robert Nkili reprend le volant

Dans un communiqué, le ministre des Transports promet des sanctions suite aux derniers accidents survenus sur nos routes.«L’inobservation des règles de la circulation ou d’actes de délinquance routière de leur part, sera sanctionné aussi sévèrement, conformément à la réglementation en vigueur ». Ceci est un extrait du communiqué signé vendredi 13 février dernier par le ministre des Transports, Robert Nkili. Un communiqué dans lequel le chef du département des transports fait le constat de la résurgence des accidents de la circulation au Cameroun. Constat qui entre en résonance avec l’enquête publiée dans les colonnes de votre journal, le même 13 février 2015.
Une batterie de mesures coercitives est ainsi activée, visant tous les contrevenants. Les sanctions vont du retrait définitif du permis de conduire pour les chauffeurs, à celui des licences et agréments des opérateurs de ce secteur. Il est question, pour le ministre, « de combattre la délinquance routière sous toutes ses formes».
Les mesures énoncées par le ministre Nkili ne sont pourtant pas nouvelles. On se souvient qu’en son temps, le ministre Bello Bouba Maïgari, alors ministre des Transports, avait pris des décisions allant dans le même sens. Des chauffeurs et des agences de voyages par bus et cars s’en souviennent. Deux ans par ci, six mois par là. La durée de suspension et de retrait des permis de conduire et des licences de transport avait alors fait jaser. Pour Victor Kagoum, chef d’une agence de voyage desservant l’ « axe lourd » Yaoundé-Douala, « le problème c’est qu’il y a beaucoup de complaisance dans l’application des mesures du ministre [Robert Nkili, ndlr]. Il faut un véritable renforcement des contrôles sur la route. Ce qui s’y passe, c’est tout, sauf le contrôle. Les agents de la Gendarmerie nationale sont plus préoccupés par autre chose que la vérification de l’état des voitures et même des cargaisons ».
Cette même situation fait dire à Roger B., chauffeur dans une agence de transport basée à Yaoundé, que « rien n’est nouveau dans cette décision ministérielle. Ce qu’il faut sur nos routes, c’est une éducation à la responsabilité des uns et des autres, à une prise de conscience vis-à-vis du respect de la vie humaine. Les conducteurs sont rebelles sur la route et ce n’est pas un simple communiqué qui leur fera peur, même s’il annonce des sanctions. On est au Cameroun».
Une invite à la responsabilité sur laquelle s’appuie Robert Nkili pour assurer sur nos routes une sécurité relative, à défaut d’être complète. La peur des sanctions entraînera peut-être, cette fois-ci, la prise de conscience des usagers des principaux axes routiers du Cameroun. L’objectif étant que ceux-ci cessent d’être des lieux où les Camerounais gagnent le ciel (ou l’enfer) sans forcément y avoir été invités.

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