Cameroun : Scandale à la CAF, Eto’o échappe à la suspension dans une affaire de paris sportifs

Patrice Motsepe

La récente décision de la Commission d’Éthique de la Confédération Africaine de Football (CAF) concernant Samuel Eto’o soulève de nombreuses interrogations. L’ancien attaquant vedette, désormais président de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), se voit infliger une amende de 200 000 dollars pour violation du code d’éthique. Cependant, cette sanction apparaît bien légère au regard des textes en vigueur.

Une décision qui fait polémique

La CAF a reconnu Samuel Eto’o coupable d’avoir participé à des activités de paris sportifs, une pratique strictement interdite pour les officiels du football. Pourtant, la sanction prononcée semble ignorer les dispositions de l’article 27 du Code d’éthique de la FIFA, que la CAF est censée appliquer.

Selon cet article, toute violation liée aux paris sportifs doit être sanctionnée par « une amende d’au moins 100 000 francs suisses, ainsi qu’une interdiction d’exercer toute activité relative au football de trois ans au plus ». Or, la décision de la CAF ne mentionne aucune suspension.

Des soupçons de corruption et d’interventions extérieures

Des sources proches du dossier, citées par le lanceur d’alerte Paul Chouta, évoquent des pressions exercées sur les membres du jury de la Commission disciplinaire. Des enveloppes auraient circulé, et de faux documents auraient même été produits pour influencer la décision.

Plus troublant encore, plusieurs chefs d’État africains auraient agi en coulisses pour « sauver » Eto’o. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, est également cité comme ayant joué un rôle dans cette affaire.

Un passé trouble refait surface

Cette affaire ravive le souvenir du rôle controversé joué par Eto’o dans l’éviction de l’ancien président de la CAF, Issa Hayatou. Des manœuvres impliquant l’actuel président de la FECAFOOT et Infantino auraient contribué à l’arrivée d’Ahmad Ahmad à la tête de l’instance africaine.

Quelle crédibilité pour le football africain ?

La décision de la CAF soulève de sérieuses questions sur l’intégrité et la crédibilité du football africain. Comment justifier une telle clémence envers un officiel reconnu coupable de violation éthique ?

𝗟𝗲 𝗧𝗴𝘃 𝗱𝗲 𝗹’𝗶𝗻𝗳𝗼 rapporte que le président de la CAF, Patrice Motsepe, et son secrétaire général, Veron Mosengo-Omba, auraient exprimé leur incompréhension face à cette décision. Ils auraient même averti les membres du jury des conséquences potentielles pour l’image de la CAF.

Un recours inévitable ?

Il est fort probable que cette décision fasse l’objet d’un recours, que ce soit devant la Commission de recours de la CAF ou directement auprès du Tribunal Arbitral du Sport (TAS).

Dans l’intervalle, de nombreuses voix s’élèvent pour demander la démission d’Eto’o de la présidence de la FECAFOOT. L’image du football camerounais, et plus largement africain, est en jeu.

Cette affaire pourrait bien marquer un tournant dans la gouvernance du football continental. Reste à savoir si la transparence et l’éthique l’emporteront sur les jeux d’influence et les intérêts personnels.

Par Claude Atangana pour 237online.com

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