Cameroun – réussites économiques: Albert Kouinche, le secret du transfert d’argent

Ce patron camerounais, qui emploie plus de 4 600 personnes, est allé à la conquête de l’Afrique de l’Ouest.
Le spot diffusé sur plusieurs médias en ce moment ressemble à s’y méprendre à ces téléfilms ouest-africains qui font marrer. 237online.com Grâce à Express Union (Eu), il est désormais possible de transférer, en cinq minutes, de l’argent à un correspondant situé dans les pays de l’Afrique de l’Ouest. Un réseau de 150 points de vente serait opérationnel, à en croire les personnages. Express Union a ouvert de nouveau les portes à Abidjan, où la crise post-électorale de 2010 l’avait contraint à déménager. De sources internes à l’entreprise, l’établissement de microfinance spécialisé dans le transfert d’argent a acquis, en juillet 2015, 45 % du capital de Qash Services, créé par l’Ivoirien Edgard Anon, actuel patron de BgfiBank Gabon. Ce qui aurait facilité des opérations, outre au Bénin où il est présent depuis longtemps, dans un réseau d’agences installés en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, en Guinée, au Togo, au Mali et au Niger. Des indiscrétions font savoir que la bataille occidentale gagnée, la prochaine cible sera la région des Grands Lacs, avec le Rwanda en tête de pont. Après avoir tissé sa toile au pays, Albert Kouinche a d’abord étendu ses tentacules en Afrique centrale, où seule la Guinée Equatoriale lui résistait il y a peu. Depuis 2007, Eu est présent au Gabon, au Congo, en Centrafrique, en RD Congo et au Rwanda. En dix-neuf ans, Eu qui s’affirme comme le leader du transfert d’argent au Cameroun, emploie quelques 4 600 agents. Il posséderait 60 % de parts du marché. En 2014, le total de bilan du groupe s’élevait à 44 milliards de Fcfa (plus de 67 millions d’euros), dont 33 milliards pour le Cameroun. Très loin devant les multinationales Western Union et MoneyGram, qu’il a essoufflé en s’implantant jusque dans les coins reculés de la république. En effet, rares sont les bourgades qui ne disposent pas à ce jour d’un point de vente Eu. Et semble-t-il, Albert Kouinche ne désespère pas d’aller à la conquête des terrains gardés puisqu’on signale l’ouverture des agences en Europe et en Amérique du Nord, au Canada notamment. L’opérateur financier a néanmoins été bousculé dans ses croyances lorsqu’il s’est lancé dans le mobile banking. Ce qui ne l’empêche pas de compter des intérêts dans l’hôtellerie, l’immobilier, le bois, l’imprimerie et la sérigraphie. En plus des parts dans la Banque Atlantique Cameroun. Il se cache derrière la réouverture, en avril 2015, de la Société camerounaise d’équipement (Sce), dont il aurait pris le contrôle en rachetant 70 % des parts à la famille Ippolito.

Soutien à la recherche
Fils de commerçant originaire de Bandjoun, en pays bamiléké, Albert Kouinche a fait des études de droit, couronné par une maîtrise à l’université de Yaoundé. Il intègre le Crédit foncier du Cameroun (Cfc) en 1985, après avoir passé une année dans la fonction publique. Il crée Express Union en 1997. 237online.com On subodore l’onction du sénateur Sylvestre Naah Ondoua, son patron d’alors. De le développement vant croissant de son entreprise, il quitte le Cfc au début des années 2000. Les cheveux toujours courts, le discret fondateur d’Eu aime bien mettre un costume sombre sur un teint foncé et une taille moyenne. Député du Koung Khi, sous la bannière du parti au pouvoir, Albert Kouinche est proche du patriarche Victor Fotso, que certains ont souvent vu derrière Express Union. Comme lui, il a financé récemment la construction d’une paroisse catholique. Avec des amitiés affirmées avec plusieurs ministres de la République, il est pour ses congénères le prestigieux chef de la communauté Bandjoun de Yaoundé et distribue des prix aux élèves méritants et aux doctorants camerounais. L’initiative, limitée aux ressortissants du Koung Khi jusqu’en 2014, s’étend progressivement aux autres composantes du Cameroun. Cette année, il a remis 115 bourses de 100 000F aux étudiants de nos universités d’Etat en fin d’études doctorales. Des bourses individuelles, destinées à les aider à finaliser leurs travaux de thèse. Son « programme d’assistance aux doctorants (Pad) » est une œuvre sociale portée par lui-même et des proches bienfaiteurs depuis 2012.

Franklin Kamtche

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *